Le Rock'n'Roll est mort, il n'a même jamais existé. Pas de fureur ni de vivre ni de partir jeune ou vite. Il ne reste que ce qu'il y a toujours eu, rien.
Le cul sur la chaise, à essuyer les heures macchabées et leur rage cadavre, à chialer au mieux. Le regard perdu de suivre encore ce désir on ne sait que trop où, marinant minable dans son économique impotence. Il y a les objets, et il n'y a pas de choix. Aucun, ni personne. It's a blank breed, and there's no future. Aucun, pour personne. Comme du reste, d'ailleurs.
La langue n'est qu'un silence hurlant, les mots mentent comme tu ne respires plus : tu bandes encore, pour y croire, et tu baises tes morts, mais ça jouit en crevé sous le froc denim delavé. C'est une nuit, infinie ; l'insondable vide des orbites décharnées derrière tes lunettes noires.
L'espèce a disparu depuis long, avant même son apparition, c'était sa seule condition. La vie n'est qu'un avortement interminable. L'humanité défèque à l'envi son flot post-mortem de sang chargé. Ca schlingue, l'adolescence jamais venue. Et l'âge passe, le pus s'écoule, le corps vieillit, le foutre moisit. Et tu pars, pourri.
Il y a vingt-cinq années, Ian Curtis se pendait.