nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
mardi 10 mai 2005

Peine de Mort

toi
qui avais

le pouvoir et le droit
de vie et de mort

sur

moi
qui n'ai pas

crevé le matin
ni même après

tu ne me tues plus alors je ne suis pas
que la nostalgie d'un temps qui ne viendra

Nostalgia

I always used to dream of the past
But like they say yesterday never comes
Sometimes there's a song in my brain
And I feel that my heart knows the refrain
I guess it's just the music that brings on nostalgia for an age yet to come

[BUZZCOCKS, "Nostalgia"]
lundi 9 mai 2005

Rien

l'après-midi comme le milieu de nulle part
et le futur comme le passé : ailleurs
le tabac fait ressentir l'organique
sa fumée le mouvement
le corps est assis, sur des objets
manufacturés

il est de l'Homme partout
en ces choses
il est de sa solitude surtout
en ces choses

radical
e
s

Fade Out

La musique s'est tue
- à quoi bon mentir ?

Candy Says

I'm gonna watch the blue birds fly over my shoulder
I'm gonna watch them pass me by
Maybe when I'm older
What do you think I'd see
If I could walk away from me
[THE VELVET UNDERGROUND, "Candy Says"]
dimanche 8 mai 2005

War and Peace and Love

Huit mai, six mois après, une autre armistice, et en attendant la prochaine. Six mois après. Une moitié. Une moitié d'année, une moitié de tout et une moitié de rien. Du temps découpé - ce n'est pas une vraie paix, ce n'etait pas une vraie guerre. Mon amour, entier. Mon amour, rouge.
samedi 7 mai 2005

Dehors

C'est un printemps, dehors :
La ville,
des arnaqueurs en survêtement,
des bus bondés de samedis, et
des filles
que je n'ai pas regardées.
C'est quelque chose, dehors. Au-delà de mes lunettes noires
où je suis.
Et dedans.
Dedans.
C'est un printemps, dehors ; un mensonge, dès lors.

Paris-Londres

77-80 il ne reste plus rien
De tout ce Métal Urbain (...)
Paris n'est pas Londres
On joue tous à faire semblant
J'y ai cru, j'y crois encore
J'y ai cru, j'y crois plus fort.

[WUNDERBACH, "Paris-Londres"]
vendredi 6 mai 2005

Grammaire de la Charogne

(Un des derniers billets des BadTripDiaries pour initier le BackStage blog, en continuité comme en nouveauté.)

La mort est un jeu, pas la vie ; les sourires de façade.
Blafard et cafardeux, j'avance vers la nuit. Elle aussi. C'est le royaume des ombres, de ce qui n'est plus, de ce qui ne se voit plus. Le royaume de ce qui se ressent. Etourdi par le manque et la fumée de mes cigarettes, je m'emporte vers un destin sans but. Sans direction, sans sens. Autre qu'elle, sans elle. Une image sans reflet n'est plus qu'un mirage, mais jamais un être sinon spectral. Ou un qui a été, un ancien deux. La conjugaison est simple, terriblement. L'arithmétique aussi.
Compter ou ne pas compter, là seule est la question. Je n'ai plus que des réponses, les possibles comblés, les failles dégagées. Désespéré, je force la réalité, je force la chair. Le corps. Je l'ouvre, que ça gueule. Que ça gueule, putain ! Assez de ce silence ! Et que dégoulinent les tripes, et que hurlent les veines ! Que ça cause là-dehors comme ça bavasse là-dedans ! Que se déverse la violence, à en foutre partout, sur tout, sur elle. Du rouge ! Du rouge ! Dans tout ce noir.
Je me pénètre, de mes ongles, de ma lame. Je me viole. Je veux ressentir le dehors, enfin, encore. Je veux sortir de moi, m'enfuir. Je me baise, en chien. Je me prends en d'autres trous. Je cherche l'issue, une autre. Une autre que l'évidence, que la malédiction. Je cherche son mensonge, comme l'amour. Je me viole. Je tente le souvenir, comme la caresse. Je me baise.
Le sexe de mes poings, la queue de mon surin : je supplie le langage. Je m'abime, comme s'il y avait les mots. Acculé, il ne me reste que le biologique à vider. Il faut du sacrifice, encore et toujours ; il ne me reste rien, depuis elle, depuis toi. Je m'accroche pourtant, et je saigne. Toujours plus loin, toujours plus profond. Les coups, la déchirure. Je coule.
Redonne-moi des yeux, pour des larmes ; et des mains, pour le meurtre. Et des sourires - des vrais, qui mordent. Redonne-moi, jusqu'au sang. Un corps, autre, tien. A dévorer. A pleines dents. Un os à ronger. Nutrisco et extinguo.
Je pars, je ne voudrais pas ; je me hais, je t'aime.

nono le hool's, 30 janvier 2005