CHAPITRE SEPTIEME
Belphegor Dance Hall - Le tombeau des rois

7,1. Une odeur de bête crevée inonde la nuit du jardin d'Eden, NYC. La lune luit de nouveau, le ciel dégagé. Le corps de Maman que l'on voit danser a des reflets d'argent, et de foutre séché. Les viandes sont allongées, les hommes mutilés et les femmes comblées. Le sang recouvrent les entre-jambes de chacun. Quelques asticots s'agitent dans les restes de chocolat, ce sont les enfants des mots passés et envolés depuis, les enfants de l'amour de tout-à-l'heure. Quelque chose qui est resté malgré tout. Mais ils ne sont que des possibles, rien pour le moment. Papa Hank le sait, tout le monde le sait. Alors ils profitent des douze coups de minuit, immobiles dans l'air du temps.

7,2. Une légère brise caresse les blessures encore béantes mais si douces dans l'après. Ca pue un peu la merde mais ils se sentent si bien. Le doux souffle rend la sueur des dos froide, les échanges ont été libérateurs. Eve garde sa part d'Adam en son intime, les cuisses serrées, un peu collées. Adam offre au vent son nouveau sexe en dedans, le sacrifice fait à Eve. Ils ne sont plus homme et femme, ils sont au-delà du genre. Par la déchirure et l'amputation, ils sont complétés. Ils n'ont plus besoin de rien, ni de l'un ni de l'autre. D'ailleurs, ils ne se tiennent pas la main, juste bien.

7,3. Une sirène de police hurle à la mort dans un coin de la ville, là-bas. Où les lumières des buildings pour cartes postales s'éteignent et s'allument, comme de mystérieux messages que s'enverraient ces géants de béton, d'acier et d'irraison. Où une désillusion faite chair saute du pont de Brooklyn, elle était déjà oubliée depuis long. Où Lower Manhattan est Lower Manhattan, by night - et c'est déjà trop, la sale pute. Là-bas, dans un coin de la ville, où les sirènes de police ne sont que pour hurler à la mort. Il faut bien signifier. By any means necessary. (Un dealeur de crack noir se fait interpeller.)

TO BE CONTINUED
(Le souvenir de mon amour disparu me réveille parfois encore :
la suite demain sur le http://agitation.propagande.org/backstage)