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Par
nono le hool's ,
samedi 2 juillet 2005 à
18:06 ::
TRICK
Je suis un célèbre écrivain américain
EPILOGUE
Eli, Eli, Lema Sabachthani...
"Je vous le dis: il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. Malheur! Les temps sont proches où l'homme ne mettra plus d'étoile au monde. Malheur! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même." (F. Nietzsche)
Lake Washington Boulevard - Seattle, WA. Il n'y a personne au-dessus du garage, que l'aiguille qui pénètre le bras, et y balance son foutre. Blanc. Ce n'est pas la première fois, tant et tant déjà, mais Kurt sait que ce sera la dernière. Un dernier coup dans l'eau, le sang de la déveine. Quelque chose au-delà de la peine, depuis si long, depuis si loin. Un dernier coup pour rien, en vain. Inutile.
Après le cri et le bruit, il a essayé la lettre et la filiation. Mais les mots sont épuisés. Tout semble hors sujet maintenant, tout semble à sa place pourtant. La marée du cheval au galop l'entraîne dans la vérité des choses, dans son intime justification. Dans un trou noir. Le monde lui apparaît évident, encore un peu et l'accord sera parfait. Le corps s'il peut.
Les stigmates de ses avant-bras lui annoncent les tarifs du marché, et sa réalité. Du bleu, du rouge, et une autre couleur ; les feux de la rampe et ceux de la douleur. Kurt se souvient, en-dessous du pont : And the animals I've trapped have all become my pets. Et ils sont toujours là, tant d'années après, malgré la gloire. Cette gloire qui se nourrit de lui, tout comme aussi ces animaux.
Les insectes - des mouches, par milliers, par millions. Les insectes qui grouillent en ses tripes, qui le remplissent de vie, d'une vie. Les insectes - les yeux. Ses fidèles compagnons, et le douzième traître. Sa perdition. Sa condition. Les insectes qui en veulent chaque fois plus, sans en payer le prix. C'est encore à lui à débourser, pour compter, un peu. La tentative d'exister, stérile bien entendu, le fol espoir de revenir lui aussi dans le ventre, comme eux, les insectes, qui sont là aujourd'hui encore, au-dessus du garage où il n'y a personne.
Un dernier coup, pour la forme : l'ultime mise en scène. Un dernier coup de théâtre - the show must go on, and go by, jusqu'au rideau final. Le temps des esbrouffes et des apocalypses électriques est passé, il s'agit dorénavant de mener la représentation jusqu'à son terme, de suivre la logique jusqu'à la rédemption. Deus ex machina. La jouissance des insectes se doit en conséquence. Il ne peut en être autrement, parce qu'au fond, il ne pouvait en être. Les règles sont simples, Kurt avait accepté le jeu, même s'il ne s'en rappelle pas.
La blanche étreint et éteind sa biologie, son esprit danse étrangement léger au-dessus des meubles en vrac, comme les branches renaissantes du printemps devant la fenêtre. Le monde est horreur, et ses mouches le devorent à l'intérieur. Kurt leur écrit un dernier mot, sur le papier froissé. Les lames de l'inanité fournissent l'encre, les larmes écarlates puis noires. Les artères enivrées se vident de leur rien. Le reste aussi. This note should be pretty easy to understand. Ce n'est que du raté, du fake, et du fade away : un miroir pour l'humanité.
Et encore une fois, l'humanité s'en tirera, Kurt est là pour ça puisque l'humanité n'a d'yeux (les insectes) que pour lui. L'humanité s'en tirera, Kurt pas. Pressentant la suite, sa cervelle joue les âmes, virevoltant dans les échappées du soleil, traînant la vieille carcasse anesthésiée derrière elle, la faisant ressembler à un ange écorché. Ou à un immonde papillon, une métamorphose de chenille débile. Une monstruosité de la nature de plus, un corps pourri, a freak.
Kurt entend les hurlements de la foule. Il brûle de la lumière des projecteurs, il tremble des vibrations de la basse, du tempo de la batterie, mais il n'y a personne au-dessus du garage. Ce sont les insectes, les yeux. Au dedans de lui. Et puis l'overdrive de sa guitare, quelque part, ailleurs. Nulle part, partout. Il est recroquevillé sur lui-même : le monde clarifié devient insoutenable. Alors le corps s'embrase, le sens se matérialise : ce sont les terminaisons nerveuses. Kurt sent monter le cri en lui, qui déchire sa poitrine, sa gorge. Les insectes (les yeux) réclament leur dû, encore une fois, encore. Un dernier tour, de pute. Encore. Le désir veut l'image. Encore. L'humanité enjoint : un destin. Il doit arrêter le cri et sa déchirure, la folle course : le canon se porte à la bouche. Tonite you'll be a rock'n'roll star.
On the 5th of April.
Les yeux braqués. L'arme chargée.
Come as you are, deviens ce que tu es.
Un dernier coup, et personne au-dessus du garage.
Plus personne.

Eli, Eli, Lema Sabachthani...
"Je vous le dis: il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos. Malheur! Les temps sont proches où l'homme ne mettra plus d'étoile au monde. Malheur! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même." (F. Nietzsche)
Lake Washington Boulevard - Seattle, WA. Il n'y a personne au-dessus du garage, que l'aiguille qui pénètre le bras, et y balance son foutre. Blanc. Ce n'est pas la première fois, tant et tant déjà, mais Kurt sait que ce sera la dernière. Un dernier coup dans l'eau, le sang de la déveine. Quelque chose au-delà de la peine, depuis si long, depuis si loin. Un dernier coup pour rien, en vain. Inutile.
Après le cri et le bruit, il a essayé la lettre et la filiation. Mais les mots sont épuisés. Tout semble hors sujet maintenant, tout semble à sa place pourtant. La marée du cheval au galop l'entraîne dans la vérité des choses, dans son intime justification. Dans un trou noir. Le monde lui apparaît évident, encore un peu et l'accord sera parfait. Le corps s'il peut.
Les stigmates de ses avant-bras lui annoncent les tarifs du marché, et sa réalité. Du bleu, du rouge, et une autre couleur ; les feux de la rampe et ceux de la douleur. Kurt se souvient, en-dessous du pont : And the animals I've trapped have all become my pets. Et ils sont toujours là, tant d'années après, malgré la gloire. Cette gloire qui se nourrit de lui, tout comme aussi ces animaux.
Les insectes - des mouches, par milliers, par millions. Les insectes qui grouillent en ses tripes, qui le remplissent de vie, d'une vie. Les insectes - les yeux. Ses fidèles compagnons, et le douzième traître. Sa perdition. Sa condition. Les insectes qui en veulent chaque fois plus, sans en payer le prix. C'est encore à lui à débourser, pour compter, un peu. La tentative d'exister, stérile bien entendu, le fol espoir de revenir lui aussi dans le ventre, comme eux, les insectes, qui sont là aujourd'hui encore, au-dessus du garage où il n'y a personne.
Un dernier coup, pour la forme : l'ultime mise en scène. Un dernier coup de théâtre - the show must go on, and go by, jusqu'au rideau final. Le temps des esbrouffes et des apocalypses électriques est passé, il s'agit dorénavant de mener la représentation jusqu'à son terme, de suivre la logique jusqu'à la rédemption. Deus ex machina. La jouissance des insectes se doit en conséquence. Il ne peut en être autrement, parce qu'au fond, il ne pouvait en être. Les règles sont simples, Kurt avait accepté le jeu, même s'il ne s'en rappelle pas.
La blanche étreint et éteind sa biologie, son esprit danse étrangement léger au-dessus des meubles en vrac, comme les branches renaissantes du printemps devant la fenêtre. Le monde est horreur, et ses mouches le devorent à l'intérieur. Kurt leur écrit un dernier mot, sur le papier froissé. Les lames de l'inanité fournissent l'encre, les larmes écarlates puis noires. Les artères enivrées se vident de leur rien. Le reste aussi. This note should be pretty easy to understand. Ce n'est que du raté, du fake, et du fade away : un miroir pour l'humanité.
Et encore une fois, l'humanité s'en tirera, Kurt est là pour ça puisque l'humanité n'a d'yeux (les insectes) que pour lui. L'humanité s'en tirera, Kurt pas. Pressentant la suite, sa cervelle joue les âmes, virevoltant dans les échappées du soleil, traînant la vieille carcasse anesthésiée derrière elle, la faisant ressembler à un ange écorché. Ou à un immonde papillon, une métamorphose de chenille débile. Une monstruosité de la nature de plus, un corps pourri, a freak.
Kurt entend les hurlements de la foule. Il brûle de la lumière des projecteurs, il tremble des vibrations de la basse, du tempo de la batterie, mais il n'y a personne au-dessus du garage. Ce sont les insectes, les yeux. Au dedans de lui. Et puis l'overdrive de sa guitare, quelque part, ailleurs. Nulle part, partout. Il est recroquevillé sur lui-même : le monde clarifié devient insoutenable. Alors le corps s'embrase, le sens se matérialise : ce sont les terminaisons nerveuses. Kurt sent monter le cri en lui, qui déchire sa poitrine, sa gorge. Les insectes (les yeux) réclament leur dû, encore une fois, encore. Un dernier tour, de pute. Encore. Le désir veut l'image. Encore. L'humanité enjoint : un destin. Il doit arrêter le cri et sa déchirure, la folle course : le canon se porte à la bouche. Tonite you'll be a rock'n'roll star.
On the 5th of April.
Les yeux braqués. L'arme chargée.
Come as you are, deviens ce que tu es.
Un dernier coup, et personne au-dessus du garage.
Plus personne.
















COMMENTAIRES
1. Le samedi 2 juillet 2005 à 15:37, par pample :: site
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