Bla ! Bla ! Bla ! Ainsi font (font, font) les petites marionnettes. Et voilà comment il est plié le feuilleton ! En deux, les cheveux en quatre. Huit, six, douze ! Fin de la partouze ! (applause)

Et rien de tout cela n'a réellement existé, et toutes les ressemblances resteront fortuites. J'écris dans un carnet, sous le soleil, sur un banc de Central Park, je taperai ces notes en rentrant déjeuner : 80°F dans la fin de matinée et aucune trace de sexe arraché. Rien d'autre qu'un joli 4th of July, les feux d'artifices à 9 p.m. sur NBC.
Non, rien de tout cela n'a réellement existé. Il est l'été dans les ciels d'ombre des tours de Manhattan ; et aucun massacre de la veille. On ne sent pas le sang, que le goût des rires d'enfants. Une odeur de hotdog vient mettre à mal mon intention d'écrire - la vile envie du besoin. Mais je l'ai à l'instant couchée en mots, alors il n'est plus rien ce petit pain avec sa saucisse bien carrée en son dedans. Comme les enfants qui rient. Comme NBC. Comme le joli 4th of July.
Rien, rien de tout cela n'a réellement existé. Il n'y a jamais eu de jardin d'Eden, NYC. Aucun pénis avalé ni aucune pâtisserie engloutie. Papa Hank n'a pas bougé de là où il a toujours été, localisé, south of no north. Ce n'est que de la littérature - Bullshit ! De la littérature et rien, rien d'autre. (Si c'en avait été autrement, ça se saurait.)
Mais une dizaine de jours sont tombés - comme des mouches. Et puis un dernier coup. (- Pan ! T'es mort ! - Encore ?) Il y en a eu des cadavres au fil des lignes - je me demandais où ils étaient passés. Et on a entraperçu la queue du loup, le coupable qui, soyons patient, reviendra sur les lieux de son méfait. Même crevé, surtout crevé. Il y en a aussi un qui était bien emmerdé. Moi, entre-temps, je suis allé chez le coiffeur, et je n'ai plus eu envie de me suicider.
Une dizaine de jours et du sacrifice : on en a construit du monument. On a fait chanter l'angoisse parce que, tout le monde le sait, On est un con - c'est de ma gueule dont il s'agit. Alors plus de traces au fond des slips, que les beaux billets d'amour. Une chanson rose bonbon pour celle dont j'aimais bouffer le cul. C'est du grand n'importe quoi, on poétisera sur l'automne dans le New Jersey pendant qu'on s'y chargera en armes. Mais sans Smith & Wesson, que vaudraient les violons du nubile derrière ?
Ca m'en fera une belle jambe, comme Rimbaud ! Et pourtant cette nuit j'ai rêvé de celle que j'ai tant aimée : elle avait les moustaches de Dali. On ne peut décidément se fier à personne. Merde à la nuit conseillère qui nuit à la merde littéraire ! Laissez moi me vider pour me soulager, en paix, et construire de beaux châteaux de mes excréments ! - C'est sale ? - C'est la vie, oui ! Mais c'est moi qui la dis ! - alors c'est sale ?
Merde ! C'est là que je renais, dans la fange qui me rend grand. J'ai créé le monde en le détruisant, j'ai détruit le monde en l'écrivant. Plus rien ne vaut, surtout pas l'étant; plus rien n'est beau qui ne soit d'abord détruit. Et alors après, seulement après, on pourra commencer à chercher une vérité. Il faut mentir maintenant. Mentir comme dans cette sombre histoire de jardin d'Eden, NYC, où rien de tout cela n'a réellement existé. Et c'est ce que me murmure la chaleur de midi qui me raccompagne de la sortie de Central Park jusqu'à chez moi, où je vais poster ces quelques mots sur mon blog. Love from NYC, on a 4th of July.