Le café et l'Amsterdamer : un doux parfum de pain d'épices recouvre le gris de la fin de matinée. J'ai tant dormi, hier dans la journée et la nuit jusqu'à presque midi. Sans doute fuir la pluie de jeudi, les SOS lancés dans son eau. J'ai l'excuse facile et l'esquive tristement banale ; j'ai surtout la douleur en condition. Sine qua non. Comme les copains, cependant. Comme les autres et comme personne pourtant. Les autres et personne. Moi, je fais le poète mais on ne me voit pas à la télé, ni nulle part ailleurs. Peut-être quand il est tard, au détour d'un souvenir embarrassé, dans le fond de l'oeil d'une demoiselle depuis long envolée - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.
Rouge, et du noir sur du blanc. La blessure et de vieilles photos passées. Je ne m'abîmerai pas dans les reflets des néons au fond des verres payés, le week-end sera à s'enfermer dans les cases de la bande dessinée. Quelque chose que je dois rendre ; les tripes doivent se vider pour la mi-juillet. Je tracerai une fois de plus les traits du carnet de la déroute, les contours du chemin nocturne. J'éclairerai de son ombre le naufrage, un tatouage permanent sur peau de balle. Le beau navire dans la tempête, la belle image. Une énième carte au trésor, encore une mascarade : la seule aventure est la tête de mort sur les drapeaux des pirates. Alors les électrons s'échoueront en ma représentation et Illustrator CS prouvera mon existence par l'épitaphe, avant que je n'aille m'encrer dans le papier journal - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.