Dans le silence des factures téléphoniques, survivent en échos tes yeux. Ta voix qui résonne souvent encore dans le noir, follement comme un amour qui s'est tu. Toi, l'irraison de ma passion. Ma passion plus ancienne que ton corps mort avant la crucifixion, les stigmates pourtant. Il n'y aura pas de morale.
Mes doigts caressent les mots sur le clavier multimédia, les cadavres s'éclairent. La poésie est électronique. J'arrête sans mandat les souvenirs qui ne seront pas, j'épingle les insectes du dedans et puis ceux d'en bas. Des femmes viendront toujours justifier mes bras, le reste aussi, la littérature surtout.
Je défile dans mon corbillard d'apparat quand vient le soir sans matin. La lumière électrique découvre le monde blotti dans sa finitude et sa suffisance. Les choses ont une place et tiennent à le préciser, aux hommes de s'en faire une raison. Avant de partir, enfin, il est d'usage de s'expliquer ; la cour est impitoyablement formaliste.
Je respecterai le règlement, et je paierai comptant mon tribut à l'espèce trébuchante. La pesanteur terrestre a des motifs scientifiques, malgré la bandaison comme une protestation, un au-delà divin. La dernière goutte pour le slip, j'assumerai ma fonction. Je suis un débiteur.
Le poison coule à flots dans mes veines, dans le même prénom que le tien ; alors que rien ni personne ne s'appelle. On n'entend que les hurlements des âmes en peine, de nous n'étant que seulement passés. Il a été un rêve, avec un doux goût juteux d'entre les jambes, un potentiel artistique. Notre seul possible.
Je reste à besogner ton cul décomposé, lové dans ton charnier - le souffle de ton coeur chantant bien loin de moi maintenant. Mais je continue, désespérément, la bave aux lèvres. La rage épuisée prouvera l'existence, à la fin des touches AZERTY, j'appuierai sur Envoi. La lettre dans le néant. Nulle part. Moi, je reste qui suis là. Pour ça.
Les humanités cybernétiques circonscrivent le carnage : je ne suis tout que par ton rien.