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Par
nono le hool's ,
mardi 20 septembre 2005 à
22:24 ::
TRICK
Qui A Tué Nono Le Hool's ? (9)
Montréal, Canada - Tuesday, Sept 20, 2005
Katrina n'est plus, disparue maintenant, que les plaies béantes et hurlantes dans le corps ravagé de ses amants - un souvenir. De l'histoire ancienne qui fait l'avenir plus qu'incertain, et surtout - surtout - un présent sans plus rien sinon la douleur. Mais déjà s'annonce promise Rita, d'une catastrophe l'autre. Une, l'autre. Des prénoms : il reste tant à détruire. Moi j'ai retrouvé ma ville, mon appartement, et les eaux rassurantes du Saint Laurent.
Dans quelques semaines l'été des indiens viendra traîner sa douceur sur la promenade Wellington, pourtant la froide tempête fait rage en mon crâne. Peut-être parce que ce sera sans moi sans doute encore à New York, certainement parce que c'est dès ce temps sans lui, mon ami, parti. Ca ne s'arrange pas, les choses ont même empiré depuis mon retour ici. J'ai mis malgré cette criss de photo les apparitions de Nono sur le compte de la fatigue et ai pris quelques jours off avant de m'atteler au montage de mon reportage. Ca n'a pas suffi. Je ne peux plus sortir dans la rue, dans le monde, sans avoir cette impression de marde de voir mon chum comme si rien ne s'était passé. Je le croise sans cesse, partout, tous les visages semblent être le sien : Il est là à parquer une Dodge, il est ici à magasiner un Coke à la main... Et cette sensation à chaque fois que mon coeur s'arrache, que ma raison fout le camp, définitivement. Je n'en crois que trop mes yeux, à l'horreur. Mon regard alors figé, je l'oblige à insister, encore, toujours, qu'il recouvre son sens, que revienne la réalité un instant voilée par je ne sais quelle possession infernale. Et je reste planté là, à fixer les passants, jusqu'à ce qu'ils redeviennent ce qu'ils sont : personne, mais surtout pas lui. Personne. Je planque désormais mes billes de fucké derrière mes Ray-Ban miroir, qu'elles ne renvoient plus l'effroyable déformation de ma détresse mais juste ce qui se doit d'être : un monde sans Nono, pas cette ville hantée de mille de ses fantômes.
Le dehors et le reste, le moins possible : je m'enferme tout le long du jour et un peu de la nuit dans un des studios de la radio. Au milieu des Revox, je m'y arrange de l'angoisse. Je m'accroche à mon job, à moins que ce ne soit lui qui me retienne - je n'ai cependant pas le sentiment que mon émission avance. Je bricole principalement, la Cyamémazine fait du zèle dans son office. Ma thérapeute a complété les séances de cette prescription, histoire que je continue au milieu des vivants. Je reste dans la semi-pénombre entouré des bobinos recrachant les accents traînants de la Nouvelle Orléans ; des voix comme enterrées là, et leurs chairs ailleurs sans doute encore en souffrance - qui sait où ? L'intonation des corps. Le temps arrêté avec ce désespoir qui n'en finit pas de couler. Leurs âmes en damnation pour l'éternité dans les limbes de la bande magnétique. Ils ne sont plus que la douleur d'un poignant moment d'audiovisuel. Ils sont une illustration. Une vie justifiée.
Aujourd'hui, ils se reposeront dans la paix méritée du studio de montage #3, sur une étagère plastifiée, dans un emballage cartonné ; je suis resté chez moi, dormir, jusqu'à midi passé. La froide tempête fait rage en mon crâne, le breakfast bourbon-médicaments y va de son dièse. J'ai envie de crever, moi aussi qui erre parmi les images trépassées.
Katrina n'est plus, disparue maintenant, que les plaies béantes et hurlantes dans le corps ravagé de ses amants - un souvenir. De l'histoire ancienne qui fait l'avenir plus qu'incertain, et surtout - surtout - un présent sans plus rien sinon la douleur. Mais déjà s'annonce promise Rita, d'une catastrophe l'autre. Une, l'autre. Des prénoms : il reste tant à détruire. Moi j'ai retrouvé ma ville, mon appartement, et les eaux rassurantes du Saint Laurent.
Dans quelques semaines l'été des indiens viendra traîner sa douceur sur la promenade Wellington, pourtant la froide tempête fait rage en mon crâne. Peut-être parce que ce sera sans moi sans doute encore à New York, certainement parce que c'est dès ce temps sans lui, mon ami, parti. Ca ne s'arrange pas, les choses ont même empiré depuis mon retour ici. J'ai mis malgré cette criss de photo les apparitions de Nono sur le compte de la fatigue et ai pris quelques jours off avant de m'atteler au montage de mon reportage. Ca n'a pas suffi. Je ne peux plus sortir dans la rue, dans le monde, sans avoir cette impression de marde de voir mon chum comme si rien ne s'était passé. Je le croise sans cesse, partout, tous les visages semblent être le sien : Il est là à parquer une Dodge, il est ici à magasiner un Coke à la main... Et cette sensation à chaque fois que mon coeur s'arrache, que ma raison fout le camp, définitivement. Je n'en crois que trop mes yeux, à l'horreur. Mon regard alors figé, je l'oblige à insister, encore, toujours, qu'il recouvre son sens, que revienne la réalité un instant voilée par je ne sais quelle possession infernale. Et je reste planté là, à fixer les passants, jusqu'à ce qu'ils redeviennent ce qu'ils sont : personne, mais surtout pas lui. Personne. Je planque désormais mes billes de fucké derrière mes Ray-Ban miroir, qu'elles ne renvoient plus l'effroyable déformation de ma détresse mais juste ce qui se doit d'être : un monde sans Nono, pas cette ville hantée de mille de ses fantômes.
Le dehors et le reste, le moins possible : je m'enferme tout le long du jour et un peu de la nuit dans un des studios de la radio. Au milieu des Revox, je m'y arrange de l'angoisse. Je m'accroche à mon job, à moins que ce ne soit lui qui me retienne - je n'ai cependant pas le sentiment que mon émission avance. Je bricole principalement, la Cyamémazine fait du zèle dans son office. Ma thérapeute a complété les séances de cette prescription, histoire que je continue au milieu des vivants. Je reste dans la semi-pénombre entouré des bobinos recrachant les accents traînants de la Nouvelle Orléans ; des voix comme enterrées là, et leurs chairs ailleurs sans doute encore en souffrance - qui sait où ? L'intonation des corps. Le temps arrêté avec ce désespoir qui n'en finit pas de couler. Leurs âmes en damnation pour l'éternité dans les limbes de la bande magnétique. Ils ne sont plus que la douleur d'un poignant moment d'audiovisuel. Ils sont une illustration. Une vie justifiée.
Aujourd'hui, ils se reposeront dans la paix méritée du studio de montage #3, sur une étagère plastifiée, dans un emballage cartonné ; je suis resté chez moi, dormir, jusqu'à midi passé. La froide tempête fait rage en mon crâne, le breakfast bourbon-médicaments y va de son dièse. J'ai envie de crever, moi aussi qui erre parmi les images trépassées.
Christian M.















COMMENTAIRES
1. Le mercredi 21 septembre 2005 à 00:46, par abFab :: site
2. Le mercredi 21 septembre 2005 à 05:45, par pample :: site
3. Le vendredi 23 septembre 2005 à 00:06, par Abivingston
4. Le lundi 26 septembre 2005 à 17:47, par known dwarf :: site
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