Ce week-end je ne suis pas sorti. J'ai été ni beau ni laid. J'ai travaillé, et puis les copains étaient restés chez eux : il y avait déjà les gosses des quartiers pour foutre le feu. Ca suffisait. J'ai travaillé, et après je me suis emmerdé.
Alors j'ai repensé à d'autres soirées, à l'aventure d'un coin de rue.

(A toi surtout).


Entre un bar et un bar, une mort et une mort, une vie. Un voyage.
Tu marchais à côté de moi, et moi à côté de toi. Les autres tantôt devant, tantôt derrière : le trottoir imitait la mer. Nous étions au milieu de nulle part, hors les terres mais côte à côte. Nous marchions. La nuit faisait comme si tu m'avais tenu la main et l'électricité volait la vedette aux étoiles. Je ne voyais que toi même si je ne te regardais pas : nous avions une direction. Et le vent dans nos cheveux. Un air qui s'entête, à envoyer valdinguer la cargaison par-dessus bord, et la raison ; tant que la bière après apparaissait bien vaine, tant que la poésie après a tout éclaboussé. Et que noyée tu as aimé.
Ce soir là j'ai passé toute une vie avec toi, et les jours maintenant dans l'espérance de la métempsycose. Coule la rivière.