nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
vendredi 30 décembre 2005

Shalom Alechem

Religious conservatives are threatening lawsuits and boycotts to insist that store clerks and advertisements say "Merry Christmas."
http://www.cnn.com/2005/US/12/18/christmas.holiday.reut/

Season's greetings - je me suis encore vautré dans une fin de matinée à 38°F. Qui ne tente rien n'a rien : je réussirai bien un jour à faire des couilles gelées une spécialité de Noël, du moins de ce coté nouveau du monde, dans la patrie des pionniers. J'ai l'esprit d'entreprise, et les couilles gelées.

Et partout ça baffre. Partout ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca négocie, l'Homme. Ca fête Thanksgiving, et puis Noël, et puis la nouvelle année. Et ça recommence. La vie se répète mais jamais ne vient la générale. Et partout ça baffre, ça joue des trous. Sans unique.
Au pas marchent et machent les mandibules, c'est l'Histoire. Et puis ça chie. Partout, ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca s'enrichit, l'Homme. Ca fait des tas, de graisse, de merde, peut-être des histoires. Ca se résume surtout.

J'ai la gerbe.

J'ai la gerbe mais je ne rendrai rien : la littérature est mon capital. Je la place, je me place. Petit à petit, le mal grandit. Et là où ça baffre (partout), je me saoule d'alcool (ou presque). Je paie comptant, en liquide ; j'écoule la chair. J'avale mes mots, je mange mes morts. Je pose mais ne retiens, je revendique le cadavérique. Je ne répète pas, je ressasse. Je pose et ça me tient. Debout, je chie dans vos bottes : moi aussi paré pour le concours du plus beau caca de Noël. Et ça fait des étincelles dans les yeux des enfants. Vous voyez, que je m'en viens jouer avec vous, que je ne reste pas dans mon coin, hautain. Seulement moi, je ne m'accroupis pas. Debout, je chie dans vos bottes. De trop je les ai assimilées les règles, maintenant debout et dans vos bottes.
Du foin, voilà bien la dernière chose qu'il me reste à faire, et vous à vous en baffrer. Allez, foutez-vous en jusque là et même plus, c'est moi qui régale ! Faites-moi du blé, que j'en distille de la vodka. Et du Tonic avec une rondelle de citron. Moi ! Je ne bois pas dans le mensonge du festif, je cherche l'anéantissement : d'une paire transformée en rayonnement, l'annihilation - la noblesse des particules. Je tente la dématérialisation. Je mets le corps minable et je jouis de l'oubli, je me sens au-delà du vivant dès lors, au coeur de l'humain : là où il n'y a plus rien.

Je vis par le trou quand d'autres vivent par le cloaque.

Je sais qu'il viendra le pognon. Que je le veuille ou non, et je le veux, bien sûr. Je sais qu'il viendra le pognon, parce qu'on paie toujours pour ne pas voir ce que l'on dit vouloir regarder - si l'on glisse encore et encore une pièce dans la fente du peep-show, si l'on fait remonter encore et encore le volet mécanique c'est bien pour quand il se refermera.
J'ouvre ma gueule, je cherche la merde : alors je sais qu'il viendra le pognon. Ca aime les histoires sans queue ni tête, l'Homme. Partout, ou presque.
Alors allez-y : baffrez ! Baffrez ! Encore ! Et encore ! Faites-moi du pognon, justifiez-vous et payez-moi. Qu'enfin je vous doive quelque chose : foutez-moi dans la merde. Vraiment. Je vous ferai chier aussi longtemps qu'il le faudra. Vous voyez que nous nous sommes bien trouvés, vous et moi : vous baffrez et je cause, la politesse est sauve. Je préserve votre confort, et vous me garantissez l'héroïsme. Ca joue des trous, l'Homme. Dans un sens et par l'autre, et réciproquement.

En vous remerciant.

Je n'ai pas faim mais la gerbe, que de l'amour et une arme de fabrication française. L'éclat du noir d'un MR 73 comme pour me rappeler encore le bleu des yeux de ma lolita, le bleu qu'aucune chatte au monde ne pourra jamais noyer. Un .38 spécial au milieu de l'animalité. J'ai des idées.

Et les couilles gelées.


Brooklyn 12/28/2005


jeudi 22 décembre 2005

Comptes de Noël

Je me suis gelé les couilles dans le petit matin sur la 6ème avenue. Je sais même pas ce que je suis allé foutre là-bas, à pied de surcroît. Le tromé n'aurait pas été en grève, je ne serai même pas sorti. Je serai resté dans le chaud de la 10ème clope du 3ème café accoudé à ma table de travail à glander. Du merisier, c'est mieux que des couilles gelées. Sauf pour la littérature, alors il y a eu la 6ème avenue et puis un café sans clope dans un boui-boui de la 49ème rue. J'ai attendu, peut-être plus d'humains à marcher vers les fêtes de fin d'année ; moi j'ai tracé vers le premier bookshop pécho "Martin Eden". Je ne l'ai pas encore lu, c'est dire s'il est temps - et effectivement je crois qu'il est le moment. Je l'ai rangé dans une poche intérieure de mon manteau (pas du côté du coeur), la même d'où j'avais sorti les $14.00 en papier monnaie qu'il disait valoir. Quatorze billets pour 480 pages, il n'y a pas à chier, il y a de la magie dans l'économie de marché. J'ai rejoué l'illustration verdâtre de la couvrante en repassant au-dessus de l'East River, le tableau était complet : mes orphelines n'étaient plus seules, moi entier maintenant glacé jusqu'à l'os.

Demain j'irai ramener ma fraise dans le New Jersey. Il me faut un flingue, j'ai envie d'être amoureux pour Noël.
mardi 20 décembre 2005

émondage-remontage

donne-moi l'air suffisant
au fond de l'oeil qu'il
ne coule plus trop le
noeud noyé du problème

&

pends-moi à ton
cou là serre mes bras
comme si de la
chair au rabais
(qu'importe)
étranglait l'étrange
être ange étranger
(sang foutre)

@

serre-toi au chaud
lacère-moi à quelque
chose si ce n'est
à quelqu' (un)


lundi 19 décembre 2005

Division d'Honneur

Ci-dessous est reproduit le texte de présentation de la page web de Division d'Honneur [LIEN], mon nouveau groupe de punk rock. Les chansons citées là ("Hollywood, France", "Prière à Marie", "Personne", "Cyber Dandy Punk Rock") et d'autres auront leurs paroles publiées sur ce blog dès qu'elles seront complètement achevées.

Toulouse, ville rose. Et pourtant : septembre 2005, Division d'Honneur encrasse d'électricité les murs sourds d'un local de répétition en location. Premiers sons autour de quelques historiques : "Je m'emmerde" des Rats, "7h23" des Cadavres ou "Sacrée revanche" d'OTH. A ces reprises en guise d'avertissement s'enchainent rapidement les compos originales. Du punk rock, des fondations en béton fissuré mais armé sur lesquelles viennent s'échouer cassés des textes francophones comme des bouts de vie pas finie. Des chroniques d'un quotidien fatigué qui ne tient plus que par les nerfs - des Gibson sur des Marshall, et des mots. Du punk rock, ce qu'il reste au fond du verre tard au bar ("Hollywood, France"), quelque chose qui se voudrait de l'amour ("Prière à Marie"), de l'amour qui se voudrait quelque chose ("Personne"), une baston pour le geste quand il n'y a plus que ça pour un peu de beau ("Cyber Dandy Punk Rock"). Du punk rock, simplement, comme on tire ses dernières cartouches, celles qui font le plus mal.


Je m'emmerde

"J'aurai dû naître retraité
Et jouer aux boules toute la journée
Avec celles que j'ai dans le gosier
Crois-moi que je vais bien m'amuser"

[LES RATS, "Je m'Emmerde"]
samedi 17 décembre 2005

REM *** titre ***

Les vacances d'hiver sont :
10 des giga-octets libres pour la mémoire morte
20 la chaleur d'un corps aimé ailleurs
30 de la neige sur l'écran, perinde ac cadaver
] CLEAR_

mardi 13 décembre 2005

Star Academy

Mon amour,
C'est ailleurs que j'écris en ce moment. Une nouvelle que je donnerai pour donner des miennes au papier, et des chansons. De l'encre et de la sueur, la transformation du sang et des larmes. That's Rock'n'Roll, my honey sweet. De la littérature à imprimer, que ça ressemble un peu plus à une lettre d'amour ; de la littérature à électrifier, que ça ressemble un peu moins à un coup de fil de rupture. Sur la corde raide, je bande pour toi.
C'est ailleurs que j'écris en ce moment, comme depuis ici. J'écris les jours d'avant, une veille dans la nuit. Pour quand tu viendras au matin, avec le soleil et le journal. J'écris les gueulantes de demain. J'organise le monde, rien que pour que tu sois bien quand tu seras dans mes bras - le monde, rien que pour toi. Et alors pour moi. Bien et mieux, le meilleur.
C'est ailleurs que j'écris en ce moment, là où il y aura tellement de bruits et de lumières que je n'aurai plus peur. Je me fais beau en prévision du grand bal. Je maquille des mots. Et phrase après phrase je m'applique à monter là où tu habites : au pays des étoiles. C'est ailleurs que j'écris ici, une vie.

And this is just another punk song
And this is just a love song


Dance With Me

"Heart and soul
Baby there is no goal
Turn the lights on bright
You're a rock and roll star
(...)
Baby come dance with me
Baby come dance with me
On tv at the tv station"

[ADAM GREEN, "Dance With Me"]
jeudi 8 décembre 2005

Je Veux Des Clarks

Je veux des Clarks
      from England des putains de black suede shoes
Je veux des Clarks
     des qui riment avec mon starco et ma parka
Je veux des Clarks
     des qui ne piétinent pas dans la merde de la vie
Je veux des Clarks
     des qui écrasent le cafard du fond des bars
Je veux des Clarks
     des qui se tiendront bien quand je m'effondrerai cassé
Je veux des Clarks
     des qui me garderont beau quand je deviendrai laid
Je veux des Clarks
     des qui me feront savoir enfin où aller
Je veux des Clarks
     des qui me trouveront une maison au petit matin
Je veux des Clarks
     from England des putains de black suede shoes
Je veux des Clarks
     mais ça ne sera pas encore pour ce mois-ci
Je veux des Clarks
     parce que je n'ai toujours pas un radis
Je veux des Clarks
     qui resteront à la Cordonnerie Parisienne
Je veux des Clarks
     je resterai dans mes faux souliers italiens
Je veux des Clarks
     en rêvant que ce sera pour demain
Je veux des Clarks
     et marcher à nouveau près de toi
dimanche 4 décembre 2005

NRA My Love


Le chaud
et le froid
de l'arme
dans l'acier
trempé
du rouge
de ton
entrejambe
pleurent
d'une balle
sans cible
et moi
qui ne tire
que pour
la peau.


A l'évidence
Donne-moi

Un flingue un flingue un flingue pour te baiser honey
Un flingue un flingue un flingue que tu viennes pour toujours
Qu'en rafale tu ravales le foutre comme un amour
Mon amour mon amour que tu crèves dans mon lit

A l'évidence
Rends-toi


6.35, le temps compté
6.35, qui a payé ?