Je me suis gelé les couilles dans le petit matin sur la 6ème avenue. Je sais même pas ce que je suis allé foutre là-bas, à pied de surcroît. Le tromé n'aurait pas été en grève, je ne serai même pas sorti. Je serai resté dans le chaud de la 10ème clope du 3ème café accoudé à ma table de travail à glander. Du merisier, c'est mieux que des couilles gelées. Sauf pour la littérature, alors il y a eu la 6ème avenue et puis un café sans clope dans un boui-boui de la 49ème rue. J'ai attendu, peut-être plus d'humains à marcher vers les fêtes de fin d'année ; moi j'ai tracé vers le premier bookshop pécho "Martin Eden". Je ne l'ai pas encore lu, c'est dire s'il est temps - et effectivement je crois qu'il est le moment. Je l'ai rangé dans une poche intérieure de mon manteau (pas du côté du coeur), la même d'où j'avais sorti les $14.00 en papier monnaie qu'il disait valoir. Quatorze billets pour 480 pages, il n'y a pas à chier, il y a de la magie dans l'économie de marché. J'ai rejoué l'illustration verdâtre de la couvrante en repassant au-dessus de l'East River, le tableau était complet : mes orphelines n'étaient plus seules, moi entier maintenant glacé jusqu'à l'os.

Demain j'irai ramener ma fraise dans le New Jersey. Il me faut un flingue, j'ai envie d'être amoureux pour Noël.