Religious conservatives are threatening lawsuits and boycotts to insist that store clerks and advertisements say "Merry Christmas."
http://www.cnn.com/2005/US/12/18/christmas.holiday.reut/

Season's greetings - je me suis encore vautré dans une fin de matinée à 38°F. Qui ne tente rien n'a rien : je réussirai bien un jour à faire des couilles gelées une spécialité de Noël, du moins de ce coté nouveau du monde, dans la patrie des pionniers. J'ai l'esprit d'entreprise, et les couilles gelées.

Et partout ça baffre. Partout ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca négocie, l'Homme. Ca fête Thanksgiving, et puis Noël, et puis la nouvelle année. Et ça recommence. La vie se répète mais jamais ne vient la générale. Et partout ça baffre, ça joue des trous. Sans unique.
Au pas marchent et machent les mandibules, c'est l'Histoire. Et puis ça chie. Partout, ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca s'enrichit, l'Homme. Ca fait des tas, de graisse, de merde, peut-être des histoires. Ca se résume surtout.

J'ai la gerbe.

J'ai la gerbe mais je ne rendrai rien : la littérature est mon capital. Je la place, je me place. Petit à petit, le mal grandit. Et là où ça baffre (partout), je me saoule d'alcool (ou presque). Je paie comptant, en liquide ; j'écoule la chair. J'avale mes mots, je mange mes morts. Je pose mais ne retiens, je revendique le cadavérique. Je ne répète pas, je ressasse. Je pose et ça me tient. Debout, je chie dans vos bottes : moi aussi paré pour le concours du plus beau caca de Noël. Et ça fait des étincelles dans les yeux des enfants. Vous voyez, que je m'en viens jouer avec vous, que je ne reste pas dans mon coin, hautain. Seulement moi, je ne m'accroupis pas. Debout, je chie dans vos bottes. De trop je les ai assimilées les règles, maintenant debout et dans vos bottes.
Du foin, voilà bien la dernière chose qu'il me reste à faire, et vous à vous en baffrer. Allez, foutez-vous en jusque là et même plus, c'est moi qui régale ! Faites-moi du blé, que j'en distille de la vodka. Et du Tonic avec une rondelle de citron. Moi ! Je ne bois pas dans le mensonge du festif, je cherche l'anéantissement : d'une paire transformée en rayonnement, l'annihilation - la noblesse des particules. Je tente la dématérialisation. Je mets le corps minable et je jouis de l'oubli, je me sens au-delà du vivant dès lors, au coeur de l'humain : là où il n'y a plus rien.

Je vis par le trou quand d'autres vivent par le cloaque.

Je sais qu'il viendra le pognon. Que je le veuille ou non, et je le veux, bien sûr. Je sais qu'il viendra le pognon, parce qu'on paie toujours pour ne pas voir ce que l'on dit vouloir regarder - si l'on glisse encore et encore une pièce dans la fente du peep-show, si l'on fait remonter encore et encore le volet mécanique c'est bien pour quand il se refermera.
J'ouvre ma gueule, je cherche la merde : alors je sais qu'il viendra le pognon. Ca aime les histoires sans queue ni tête, l'Homme. Partout, ou presque.
Alors allez-y : baffrez ! Baffrez ! Encore ! Et encore ! Faites-moi du pognon, justifiez-vous et payez-moi. Qu'enfin je vous doive quelque chose : foutez-moi dans la merde. Vraiment. Je vous ferai chier aussi longtemps qu'il le faudra. Vous voyez que nous nous sommes bien trouvés, vous et moi : vous baffrez et je cause, la politesse est sauve. Je préserve votre confort, et vous me garantissez l'héroïsme. Ca joue des trous, l'Homme. Dans un sens et par l'autre, et réciproquement.

En vous remerciant.

Je n'ai pas faim mais la gerbe, que de l'amour et une arme de fabrication française. L'éclat du noir d'un MR 73 comme pour me rappeler encore le bleu des yeux de ma lolita, le bleu qu'aucune chatte au monde ne pourra jamais noyer. Un .38 spécial au milieu de l'animalité. J'ai des idées.

Et les couilles gelées.


Brooklyn 12/28/2005