La belle jeunesse se passe entassée dans le hangar à soiffards de la rue de la Colombette. Les IUT et les dread-loquedus, les BTS et les 15 Serge Blanco ; tous l'oeil hagard et le rire gras. C'est de l'alcool partout et pourtant pas le moindre éclat, personne n'en crèvera. Ils vivent ce que l'on appellera plus tard le bon temps, en attendant le possible de la résidence secondaire à Seignosses ou à Gruissan. Il y a des filles en sueur qui ne cessent de hurler, et d'autres qui ont l'ennui muet. Le regard de ces dernières prend un instant l'air intéressé aux bredouillages du copain d'à-côté pour la vie, puis retourne se perdre nulle part, cherchant vidé on se sait trop quoi : un autre, un ailleurs, la mort. Quelque chose auquel s'accrocher ; quelque chose par pitié.