nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
jeudi 5 janvier 2006

Prière à Marie

Un deuxième texte pour DIVISION D'HONNEUR [LIEN].
(Musique : Arno Rude Boy + Division d'Honneur)
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PRIÈRE À MARIE

Allez viens Marie
Prète-moi ta main
Qu'elle nous tienne bien
Jusqu'au matin

Et même si
Ca pue déjà la fin
Ca fera comme un
Bout de mal en moins

Allez viens ! Je sais bien
Qu'il n' y a qu' le malheur qui dure
Et que rien ne nous appartient

Mais allez viens ! Je te jure
Que la nuit on l'amènera loin
Jusqu'à oublier l'usure

Alors viens Marie
Ce soir j'suis en fond
On prendra les allocations
Pour des millions

Et tant pis si
Demain sera sans un rond
C'est maint'nant qu'on
Meurt de toute façon

Allez viens ! Tu vois
Que les autres ont tout pour eux
Moi je n'aurai que toi

Mais allez viens ! Nous deux
Ca fera comme au cinéma
Des étoiles pour un peu

Allez Marie ! Dis-moi oui
J'ai de l'amour qui est pas fini
Alors Marie ! Reste avec moi
J'ai de l'alcool si ça n' suffit pas
Tu me diras des Je t'aime
Et j'en ferai une chanson
Comme les autres on s'aimera, même
Si j' sais pas comment ils font
Allez Marie ! Rien qu'une nuit
Et peut-être que, Marie,
Peut-être...

Allez viens Marie
Reste pas plantée comme ça
Ca sert à quoi
D'avoir froid ?

Moi j'ai un lit
Et aussi j'ai deux bras
De la place là
Pour tout ce que tu voudras

Allez viens ! C'est vrai
Que j' suis pas le roi du plumard
Ma vie et les draps froissés

Mais allez viens ! Ce soir
Y a que des ailleurs par milliers
Tant j'en ai du désespoir

Allez Marie ! Dis-moi oui
J'ai de l'amour qui est pas fini
Alors Marie ! Reste avec moi
J'ai de l'alcool si ça n' suffit pas
Tu me diras des Je t'aime
Et j'en ferai une chanson
Comme les autres on s'aimera, même
Si j' sais pas comment ils font
Allez Marie ! Rien qu'une nuit
Et peut-être que, Marie,
Peut-être...

Allez Marie ! Dis-moi oui
J'ai de l'alcool qui est pas fini
Alors Marie ! Couche-toi là
J'ai de l'amour si ça n' suffit pas
Tu me diras des Je t'aime
Et j'en ferai une chanson
Comme les autres on s'aimera, même
Si j' sais pas comment ils font
Allez Marie ! Rien qu'une nuit
Et peut-être que, Marie,
Peut-être...

Personne (Star Academy)

Premier texte terminé pour DIVISION D'HONNEUR [LIEN] (Musique : nono le hool's + Division d'Honneur). Ces jours sont occupés par la finition des lyrics, le premier concert aura lieu le samedi 04 février au 2ème Lemovice Antifa fest de Limoges [LIEN], suivi d'un passage en studio pour l'enregistrement de deux titres pour FZM [LIEN].
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PERSONNE (STAR ACADEMY)

J'te raconterai pas des histoires
De crews et de bagarres
De samedis soirs comme le Grand Soir
Oi ! Oi ! Oi ! And that's all we are

J'te raconterai pas un demain
Comme je le voudrais bien
Des gentils qui gagnent à la fin
Et que j' n'ai jamais peur de rien

Je ne te chanterai rien
Rien que ma chanson
La geste d'un mec moyen
Voire même un peu con

Je ne te chanterai rien
Comme la Révolution
Que je fasse le malin
Et justifie le son

AND THIS IS JUST ANOTHER PUNK SONG
AND THIS IS JUST A LOVE SONG

Et si ça gueule dans les guitares
Avec ou sans drapeau noir
Ce n'est que pour aller se faire voir
Tonite I'm a rock'n'roll star

Que ce soit la lutte ou la fête
En militant ou en poète
Ca trouve toujours un prétexte
Une cause à rallier, que ça se la pète

Alors je ne te chante rien
Comme tout le monde
Je ne fais que le malin
Pour être comme personne

Alors je ne te chante rien
Ou changer le monde
Que tu me vois enfin
Que je ne sois plus personne

AND THIS IS JUST ANOTHER PUNK SONG
AND THIS IS JUST A LOVE SONG

Rien qu'une chanson
Comme si je ne savais pas
Que tu n'as besoin de personne
Et surtout pas de moi

Rien qu'une chanson
Comme si tu ne savais pas
Que je n'ai besoin de personne
Sauf peut-être de toi

AND THIS IS JUST ANOTHER PUNK SONG
AND THIS IS JUST A LOVE SONG
mardi 3 janvier 2006

De la neige sur l'écran

Bande son du billet :

Le café fumant et la clope à l'unisson, je me réveille avec le reste de la ville. Et déjà je plonge ma gueule dans l'écran du personal computer, les yeux dans les mots écrits la veille. Je relis le dernier texte, Summertime, et me dis que c'est moins catastrophique que ce que j'imaginais, hier soir au coucher. La construction semble tenir, debout peut-être, même si les derniers paragraphes respirent le bâclé, le pressé d'en finir. On mettra ça sur le compte de la fatigue d'un week-end de fête, et les heures gaspillées dans le train. Pour le style, c'est moins certain ; pour le style il n'y a pas d'excuse, jamais. Il subsiste la tentative toutefois, du geste et ça fait du beau. Il subsiste la tentative, l'objet même de ce blog ; la mise en scène de l'avant-show, les coups d'essai comme des coups d'éclat. La tentative, et c'est au moins ça. Pour le reste, il y aura les sunlights et le make-up, les effets de caméra et la salle de montage. Pour le reste, il y aura le temps, venu ; pour le moment, l'action est backstage. Making of, des souvenirs pour l'avenir - des promesses et des rêves en sourire, des lettres d'amour.

Nono le Hool's écrase sa cigarette achevée et en rallume une autre aussitôt. Une dernière relecture, rapide, puis il quitte son clavier pour la fenêtre. Le regard vers le dehors maintenant : les murs de béton délavés, la lumière électrique dans quelques appartements voisins, et les containers de poubelles en bas. Une neige hésitante s'écrase dans la cour sans conviction, tellement qu'on la prendrait pour de la pluie. Un bout de Brooklyn dans le morne soleil voilé d'un matin de janvier, un bout de vie aux couleurs abandonnées. Sur la stéréo, un air de cool jazz vient parfaire le tout : les volutes de tabac d'une scène en noir et blanc d'un vieux polar américain des années 50. Dans la solitude de l'instant, dans l'image revendiquée et la posture assumée, Nono le Hool's se sent comme bien, jusqu'à couler une larme pour les amours perdues. Il est une représentation, un possible alors.

lundi 2 janvier 2006

SUMMERTIME

(and the livin’ is easy)

Le coeur de l'après-midi dégouline d'une pluie glaciale. Un temps d'hiver, never mind ! Sauf que c'est lui qui raccompagne Nono le Hool's dans le Brooklyn de 2006, achevant par là le travail de destruction massive du cheveu largement entamé par la fin d'année fêtée sur les terres et dans les verres du Nebraska. Il faut bien qu'il les aime ses amis pour endurer tout ça (la coiffure ruinée, et le Nebraska). Toujours l'amour à l'origine des tragédies - Nono en sera quitte pour un shampooing sur le champ, redonner comme de l'humanité aux poils de la bête. The same old story, écrite partout, tout le temps. Il pleut ce lundi 2 janvier.
Presque trois jours d'absence et le froid en a foutu partout dans l'appartement. Le vieux sac de toile beige se jette dans un coin du living ; le grand manteau gris s'en va sécher échoué de tout son long sur le dos d'un fauteuil. Nono tire de son veston une édition de poche de "Leviathan" de Paul Auster, son compagnon de voyage de ces dernières heures, une arme de poing pour la traversée des réserves de rednecks. L'odyssée by Amtrak. Mais l'agression est venue de l'intérieur du wagon, l'ennemi était les passagers d'à côté, les plus proches voisins : deux jeunes types dans le vent et une fille encore plus jeune et encore plus aérée. Ca soufflait fort entre les Rocheuses et le Missouri. Un a demandé à elle si elle connaissait les Sex Pistols, la réponse : "Les quoi ?" Même Ben Laden n'aurait pas osé ! Les USA allait connaître un nouveau drame ! l'Occident tout entier même ! Mais à la question suivante, sur Led Zeppelin, la réplique de la pauvre âme fut identique. Elle était alors pardonnée, son péché racheté, et la civilisation sauvée. Nono put alors continuer à se planquer dans sa lecture, à l'abri du reste le plus possible. Il n'a pas eu besoin d'intervenir dans le monde et les foudres divines, et c'était tant mieux. Il est un célèbre écrivain américain, pas un grand Satan. A chacun sa place, avec son prix à payer - la surtaxe pour la réservation sur le billet l'attestait, tout comme le putain de torticolis qui rappelait à Nono qu'elle est douloureuse la position à côté des autres, même (et surtout ?) le nez dans le roman.
La tension est largement redescendue et la nuque dès lors décoincée maintenant qu'il est revenu dans son antre, un deux-pièces avec fenêtres sur cour qu'il prend pour un manoir sur la lande. Retour à la normale donc. Un passage à la cuisine pour trouver de quoi se réchauffer la tripe pendant que le PC s'allume et se charge : plus de café, une virée chez le coréen avant la fin de la journée s'impose. Pour le moment un thé vanille fera l'affaire. Une clope aussi. La compagnie du câble est prête à envoyer les dernières nouvelles de la planète. Nono relève d'abord ses mails : autant pour lui souhaiter une bonne année que pour lui dire qu'il est grand temps de se faire rallonger la bite - pourquoi croire les uns et pas les autres ? Il lance maintenant Firefox pour la tournée de ses blogs favoris. Il y lit entre autres que Sush' va s'atteler encore plus ardemment à l'adaptation hollywoodienne de sa vie d'Ally McBeal parisienne, pour qu'enfin cette fois la copie asiatique dépasse l'original, ou que NO confirme ce qu'elle lui avait annoncé par SMS la veille, à savoir quelques mois d'initiales de sa vie désormais en projet de transformation littéraire. Il y lit comme des professions de foi, des rêves et des envies qui sont écrits bien avant que l'on y croit vraiment, et qui un jour à force de mots s'imposent en évidence, là comme de toujours. Il écrase sa cigarette agonisante, direction la salle de bain.
Sous l'eau bruyante et le savon, il repense à ces attentats dans le mesquin, à ces guérilléras et leurs manifestes de vérité contre le réel. La serviette éponge et puis un autre son : le sèche-cheveux. Aussi à quand dans le petit et le laid de sa nature humaine (sa fraternité) il pressentait un ailleurs déjà ici. Un coup de peigne et les frusques à nouveau. A quand il revendiquait le cri de Vaquette, d'être grand et beau. Le manteau encore humide et la rue. A quand il aimait plus fort que ce qu'il n'aurait jamais cru. Le coréen, deux surgelés et du café, puis quelques dollars. A quand il n'était pas encore un célèbre écrivain américain mais qu'il savait qu'il ne pouvait (devait ?) en être autrement. La cour et l'escalier encore. A quand demain se confondait avec aujourd'hui.
Nono le Hool's rentré chez lui dépose il ne sait où le sac marron de ses maigres courses, sa pelisse détrempée à l'avenant, la machine biologique en pilote automatique : à la traîne elle suit ses idées déjà bien devant. Alors le bureau et le traitement de texte, presqu'en urgence. Dans cet appartement de Brooklyn où le chaud électrique reprend petit à petit ses droits, dans le silence et l'obscurité d'un jour de janvier 2006, quelques cliquetis soutenus du clavier d'un ordinateur personnel. D'abord un titre, puis une phrase, et la suite :

SUMMERTIME (and the livin’ is easy)

Le coeur de l'après-midi dégouline d'une pluie glaciale. Un temps d'hiver,