nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
samedi 21 janvier 2006

Les filles du Café Populaire

La belle jeunesse se passe entassée dans le hangar à soiffards de la rue de la Colombette. Les IUT et les dread-loquedus, les BTS et les 15 Serge Blanco ; tous l'oeil hagard et le rire gras. C'est de l'alcool partout et pourtant pas le moindre éclat, personne n'en crèvera. Ils vivent ce que l'on appellera plus tard le bon temps, en attendant le possible de la résidence secondaire à Seignosses ou à Gruissan. Il y a des filles en sueur qui ne cessent de hurler, et d'autres qui ont l'ennui muet. Le regard de ces dernières prend un instant l'air intéressé aux bredouillages du copain d'à-côté pour la vie, puis retourne se perdre nulle part, cherchant vidé on se sait trop quoi : un autre, un ailleurs, la mort. Quelque chose auquel s'accrocher ; quelque chose par pitié.
vendredi 30 décembre 2005

Shalom Alechem

Religious conservatives are threatening lawsuits and boycotts to insist that store clerks and advertisements say "Merry Christmas."
http://www.cnn.com/2005/US/12/18/christmas.holiday.reut/

Season's greetings - je me suis encore vautré dans une fin de matinée à 38°F. Qui ne tente rien n'a rien : je réussirai bien un jour à faire des couilles gelées une spécialité de Noël, du moins de ce coté nouveau du monde, dans la patrie des pionniers. J'ai l'esprit d'entreprise, et les couilles gelées.

Et partout ça baffre. Partout ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca négocie, l'Homme. Ca fête Thanksgiving, et puis Noël, et puis la nouvelle année. Et ça recommence. La vie se répète mais jamais ne vient la générale. Et partout ça baffre, ça joue des trous. Sans unique.
Au pas marchent et machent les mandibules, c'est l'Histoire. Et puis ça chie. Partout, ou presque : sur les terres du fils de Celui qui a inventé le verbe. Ca se remplit, l'Homme. Ca joue des trous. Dans un sens comme dans l'autre. Ca s'enrichit, l'Homme. Ca fait des tas, de graisse, de merde, peut-être des histoires. Ca se résume surtout.

J'ai la gerbe.

J'ai la gerbe mais je ne rendrai rien : la littérature est mon capital. Je la place, je me place. Petit à petit, le mal grandit. Et là où ça baffre (partout), je me saoule d'alcool (ou presque). Je paie comptant, en liquide ; j'écoule la chair. J'avale mes mots, je mange mes morts. Je pose mais ne retiens, je revendique le cadavérique. Je ne répète pas, je ressasse. Je pose et ça me tient. Debout, je chie dans vos bottes : moi aussi paré pour le concours du plus beau caca de Noël. Et ça fait des étincelles dans les yeux des enfants. Vous voyez, que je m'en viens jouer avec vous, que je ne reste pas dans mon coin, hautain. Seulement moi, je ne m'accroupis pas. Debout, je chie dans vos bottes. De trop je les ai assimilées les règles, maintenant debout et dans vos bottes.
Du foin, voilà bien la dernière chose qu'il me reste à faire, et vous à vous en baffrer. Allez, foutez-vous en jusque là et même plus, c'est moi qui régale ! Faites-moi du blé, que j'en distille de la vodka. Et du Tonic avec une rondelle de citron. Moi ! Je ne bois pas dans le mensonge du festif, je cherche l'anéantissement : d'une paire transformée en rayonnement, l'annihilation - la noblesse des particules. Je tente la dématérialisation. Je mets le corps minable et je jouis de l'oubli, je me sens au-delà du vivant dès lors, au coeur de l'humain : là où il n'y a plus rien.

Je vis par le trou quand d'autres vivent par le cloaque.

Je sais qu'il viendra le pognon. Que je le veuille ou non, et je le veux, bien sûr. Je sais qu'il viendra le pognon, parce qu'on paie toujours pour ne pas voir ce que l'on dit vouloir regarder - si l'on glisse encore et encore une pièce dans la fente du peep-show, si l'on fait remonter encore et encore le volet mécanique c'est bien pour quand il se refermera.
J'ouvre ma gueule, je cherche la merde : alors je sais qu'il viendra le pognon. Ca aime les histoires sans queue ni tête, l'Homme. Partout, ou presque.
Alors allez-y : baffrez ! Baffrez ! Encore ! Et encore ! Faites-moi du pognon, justifiez-vous et payez-moi. Qu'enfin je vous doive quelque chose : foutez-moi dans la merde. Vraiment. Je vous ferai chier aussi longtemps qu'il le faudra. Vous voyez que nous nous sommes bien trouvés, vous et moi : vous baffrez et je cause, la politesse est sauve. Je préserve votre confort, et vous me garantissez l'héroïsme. Ca joue des trous, l'Homme. Dans un sens et par l'autre, et réciproquement.

En vous remerciant.

Je n'ai pas faim mais la gerbe, que de l'amour et une arme de fabrication française. L'éclat du noir d'un MR 73 comme pour me rappeler encore le bleu des yeux de ma lolita, le bleu qu'aucune chatte au monde ne pourra jamais noyer. Un .38 spécial au milieu de l'animalité. J'ai des idées.

Et les couilles gelées.


Brooklyn 12/28/2005


lundi 13 juin 2005

L'Infamie de l'Ombilic

Que crèvent la Terre et ses enfants, les animaux. Nature, mère lâche et indigne. Salope. Je te hais et te conchie : c'est la fonction que tu m'as assignée. La transformation de toi en toi, de moi en moi, la merde recyclée, la vie et sa magie. Le cannibalisme incestueux. Nous ne sommes que les filles et les fils des excréments, des cadavres décomposés. Nous baisons nos morts avant de les manger, la jouissance dans l'Eucharistie fécale. L'injonction. Les dents.
Crève ma mère, crève. Comme tes enfants, les animaux, dans leur interminable fin, le lent pourrissement de la perpétuation de l'espèce. Comme mes soeurs et mes frères, talkin' 'bout my degeneration. L'existence seulement comme la justification des moyens, la bassesse de l'instinct, la survie. Le diktat d'un corps débile, dans la fierté de l'être. Le charognage célébré. L'avènement de l'Homme.
Crève minable salope, crève. Avec tes enfants, les animaux, moi. Crève vraiment, assume-toi enfin. Au-delà des impératifs biologiques, dans la conséquence épuisée du métabolisme. Loin de l'ersatz manufacturé, la pâle copie, notre filiation. Que plus rien ne continue, que tout commence alors. Ailleurs. Par le néant, libérateur. Le dépassement de l'Homme.
Crève la salope, enfant de la Terre, crève ta mère. Tue l'animal, réfute ta nature. Radical. Invente-toi, toi maintenant l'inexistant raffiné. N'agis plus mais parle. Ne sois plus mais parais. Règne sur le chaos, le désordre nouveau, dans la modernité. Ton annihilation, l'ultime insoumission. Bien après la réalité, libère-toi par l'abstrait. Par la fabrique du meurtre. Oublie la chose, ne sois plus que réprésentation. Synthétique. Deviens Le plastique, l'esthétique. Deviens la littérature. Détruis.
samedi 4 juin 2005

Der Steppenwolf

Dans la ville un troupeau :
le même t-shirt, le même bermuda, le même chapeau
rigolo.
Encore
des joueurs ou des supporters
de je ne sais quel
sport collectif.

Ils crient et rient :
Ils savent bien que l'union
fait la force pour
que le ridicule ne puisse tuer.
Ils savent
bien.

Immortels.

(Je retourne dans mon antre,
mon amour me manque)
jeudi 2 juin 2005

France, 2 Juin 2005

Le bus.
Un noir déglingué me tape 20 centimes et retourne voir son déjà vieux copain :
- T'es un voleur, gitan ! Combien ça coûte deux bouteilles ?

La rue.
Un sans-abri alcoolisé délire bruyamment sous le porche d'une résidence :
- C'est pas les individus qu'on appuie ! Non !

Je pointe ma gueule et ma dette chez les huissiers, 30 euros en poche et la defaite au comptant. C'est déjà ça : le capitalisme nous aime reconnaissants.
jeudi 19 mai 2005

Course

des êtres
des choses
des soleils
en rayons
des queues
encaissées
le jouir
labellisé
le désir
franchisé
Monoprix