nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
samedi 25 février 2006

Junk Mail


Ecrire une nouvelle phrase
Se taper une autre ligne
Et reposer la lame sur le miroir.


jeudi 22 décembre 2005

Comptes de Noël

Je me suis gelé les couilles dans le petit matin sur la 6ème avenue. Je sais même pas ce que je suis allé foutre là-bas, à pied de surcroît. Le tromé n'aurait pas été en grève, je ne serai même pas sorti. Je serai resté dans le chaud de la 10ème clope du 3ème café accoudé à ma table de travail à glander. Du merisier, c'est mieux que des couilles gelées. Sauf pour la littérature, alors il y a eu la 6ème avenue et puis un café sans clope dans un boui-boui de la 49ème rue. J'ai attendu, peut-être plus d'humains à marcher vers les fêtes de fin d'année ; moi j'ai tracé vers le premier bookshop pécho "Martin Eden". Je ne l'ai pas encore lu, c'est dire s'il est temps - et effectivement je crois qu'il est le moment. Je l'ai rangé dans une poche intérieure de mon manteau (pas du côté du coeur), la même d'où j'avais sorti les $14.00 en papier monnaie qu'il disait valoir. Quatorze billets pour 480 pages, il n'y a pas à chier, il y a de la magie dans l'économie de marché. J'ai rejoué l'illustration verdâtre de la couvrante en repassant au-dessus de l'East River, le tableau était complet : mes orphelines n'étaient plus seules, moi entier maintenant glacé jusqu'à l'os.

Demain j'irai ramener ma fraise dans le New Jersey. Il me faut un flingue, j'ai envie d'être amoureux pour Noël.
jeudi 8 décembre 2005

Je Veux Des Clarks

Je veux des Clarks
      from England des putains de black suede shoes
Je veux des Clarks
     des qui riment avec mon starco et ma parka
Je veux des Clarks
     des qui ne piétinent pas dans la merde de la vie
Je veux des Clarks
     des qui écrasent le cafard du fond des bars
Je veux des Clarks
     des qui se tiendront bien quand je m'effondrerai cassé
Je veux des Clarks
     des qui me garderont beau quand je deviendrai laid
Je veux des Clarks
     des qui me feront savoir enfin où aller
Je veux des Clarks
     des qui me trouveront une maison au petit matin
Je veux des Clarks
     from England des putains de black suede shoes
Je veux des Clarks
     mais ça ne sera pas encore pour ce mois-ci
Je veux des Clarks
     parce que je n'ai toujours pas un radis
Je veux des Clarks
     qui resteront à la Cordonnerie Parisienne
Je veux des Clarks
     je resterai dans mes faux souliers italiens
Je veux des Clarks
     en rêvant que ce sera pour demain
Je veux des Clarks
     et marcher à nouveau près de toi
mardi 25 octobre 2005

Living In America

Il n'y aura pas de quoi en faire un roman, encore moins d'en chier une pendule, à la rigueur une Swatch bleue fluo ou quelques vers. Out of fashion. Ce n'est qu'une poignée d'heures qui auront suffi pour rendre le point final du billet de dimanche effectif : j'ai appris son nom, celui de son groupe de rock, et son mariage prochain à Las Vegas.
Pas de quoi non plus en venir aux pires anathèmes : souhaiter une honey moon au Caesars Palace après le tour de chant de Céline Dion, ou même, l'ultime horreur, pendant. Pas de quoi pour une Fatwa, l'ouverture improvisée (avec financement de la CIA) d'un aérodrome pakistanais en plein milieu des bandits manchots clignotant sous la branlette frénétique de vioques ravalées. Lord have mercy. Pas de quoi.
Alors je digère somnolant dans la douceur d'octobre le cholestérol du restau de midi, Bob Dylan sur la hi-fi. Jeudi je vais chez le coiffeur. C'est bientôt Halloween. J'ai à nouveau de la money sur mon compte. Je patauge peinard au coeur du bel Occident. Je sais que désormais j'ai les moyens des possibles, et le luxe des questions - des avec des réponses qui trouveront que le Nevada, ça craint un maximum. J'ai repris ma place sur le marché. Action.
Que la romance coûte à Brooklyn, NYC. Surtout quand on n'y est pas.
lundi 18 juillet 2005

I Am A Cliché

Putain de chaleur de temps de merde (et je viens de me brûler les doigts avec une fin de cigarette). L'air est lourd et humide, comme l'air de rien d'un sexe de femme : ça me hérisse le poil et fait onduler mes cheveux, surtout derrière après la douche. Un phénomène de condensation peut-être ; je n'en sais rien, je n'ai pas appris la chimie ni la météorologie. C'est Freud que j'ai étudié, c'est dire si je connais l'enjeu du désordre capillaire, si je connais le drame qui s'y trame, l'horreur en retour, une question de vie ou de mort. C'est dire si je connais la biologie alors.
Le désespoir point sous la mèche rebelle, le transport explosif sous la passion bien coiffée. Le raté me rappelle qu'on ne sauve sa peau qu'en sauvant les apparences ; qu'on ne panse les plaies de l'âme qu'en soignant l'image. La rédemption est dans l'aliénation : la représentation. Le mal est le remède, et inversement - deale-moi du pharmakon, écris-moi une chanson ou fais-moi un enfant. Et je n'ai pas assez de pognon ce mois-ci encore pour une paire de Clarks.
Il me reste la littérature, le beau bavardage, et le retour prochain dans le chaos électrique de la scène. Il me reste les peintures de guerre et les masques funéraires. Il me reste les angoisses blanches de minuit et la danse de la pluie. Il me reste la fabrique du meurtre et les souvenirs désincarnés, il me reste le sacrifice signifié. Que quelque chose à côté, par défaut : c'est si facile d'être un héros.
Il ne me reste rien, et c'est ce qu'il faut pour recouvrir la merde et sa machine quand on ne peut s'assumer dans l'animal que l'on n'a jamais été, dans la reconnaissance inconditionnelle de l'oeil de la meute. Ce n'est que l'inaptitude au mensonge qui oblige à l'infini de l'invention, l'incapacité à vivre qui enjoint la définition dans sa radicalité ; le dandysme comme un rire élégant, une condamnation à la politesse, la seule issue qui demeure quand la condition humaine apparaît dans sa vérité nue - la forme. La réalité est image absolue, le vice vertu, le détail tout, le défaut ruine : le futile est l'ultime gravité.
Ce lundi le ciel est devenu gris, la température s'est adoucie, le service clients de Jean-Claude Aubry m'a envoyé une réduction de 50% pour mon anniversaire. On attend l'averse.
samedi 16 juillet 2005

Ex Nihilo Ex-Voto

Sainte Rita, mon amour, entends couler ma voix,
Sombrer une prière d'un hier sans demain,
Se noyer les espoirs dans le creux de ma main,
Et la larme tirée par l'effroi de l'émoi.

Maîtresse de tout en bas, la correction se doit
Quand retombe le chaud et se rouvre le poing
De faire le signe croix, la résignation fin :
Le bégaiement destin s'écrit du bout des doigts.

Sainte Rita, mon amour, ne m'en veux pas encore
Si ma passion te dure dans la chair de mon corps,
Si le devoir se traîne à en finir Madame.

Regarde le bel enfant ; que n'est-il pas mignon,
Touchant, attendrissant dans l'irréel de l'âme ?
L'idiot masturbateur agitant ses moignons.
mercredi 13 juillet 2005

Love Letter

Le vin dans le verre, rouge.
A l'encre :
My darling, sweetie,
One day I killed the pussy
But I can't remember for forgiveness.
XXX - With much love, nevertheless.

Et un coeur dessiné.
dimanche 10 juillet 2005

Le Sang Dedans

L'ennui n'est que de l'amour gâché, des lames de fond l'écume séchée ;
Une croûte sur un bras de mer comme une île, un volcan raté.
samedi 9 juillet 2005

Trace

Le café et l'Amsterdamer : un doux parfum de pain d'épices recouvre le gris de la fin de matinée. J'ai tant dormi, hier dans la journée et la nuit jusqu'à presque midi. Sans doute fuir la pluie de jeudi, les SOS lancés dans son eau. J'ai l'excuse facile et l'esquive tristement banale ; j'ai surtout la douleur en condition. Sine qua non. Comme les copains, cependant. Comme les autres et comme personne pourtant. Les autres et personne. Moi, je fais le poète mais on ne me voit pas à la télé, ni nulle part ailleurs. Peut-être quand il est tard, au détour d'un souvenir embarrassé, dans le fond de l'oeil d'une demoiselle depuis long envolée - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.
Rouge, et du noir sur du blanc. La blessure et de vieilles photos passées. Je ne m'abîmerai pas dans les reflets des néons au fond des verres payés, le week-end sera à s'enfermer dans les cases de la bande dessinée. Quelque chose que je dois rendre ; les tripes doivent se vider pour la mi-juillet. Je tracerai une fois de plus les traits du carnet de la déroute, les contours du chemin nocturne. J'éclairerai de son ombre le naufrage, un tatouage permanent sur peau de balle. Le beau navire dans la tempête, la belle image. Une énième carte au trésor, encore une mascarade : la seule aventure est la tête de mort sur les drapeaux des pirates. Alors les électrons s'échoueront en ma représentation et Illustrator CS prouvera mon existence par l'épitaphe, avant que je n'aille m'encrer dans le papier journal - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.
mercredi 6 juillet 2005

Paint It Black

Dans le rien de l'après-midi et son ennui
Les visages de toutes ces filles défilent devant moi
Et leurs yeux
qui se sont un jour reflétés dans les miens
Ou qui les ont fuis
Ou les deux
Dans n'importe quel ordre
Dans le désordre
En même temps parfois

Jusqu'à en crever

Quelque chose
Qui ne regarde
Que moi.