jeudi 23 juin 2005
Par nono le hool's,
à 20:51 :: TRICK
CHAPITRE TROISIEME
Les rois du Monde - Mammon Blues
3,1. And the beat goes on au jardin d'Eden, NYC. "Quelle élégante robe vous n'avez pas mise ma chère !" "Quel magnifique tuxedo vous n'avez pas loué mon cher !" Les corps sont tendres dans la moiteur de l'été, les regards s'y lovent sans retenue, qu'en arriérés. Là dans la nudité, tous connaissent le prix à payer, le prix d'entrée. Tous transpirent mais tous parlent, de leurs villas avec piscine à Saint Tropez (Do you ?), de leur moniteur de tire-fesses à Aspen (Is she ?), de leurs enfants choristes à Broadway (To be ?). Tous se recouvrent de sueur animale mais tous devisent, des cours de Wall Street au long time ago dans la prairie, des traders aux pionniers -
Papa was a rolling stone.
3,2. Papa Hank ramasse sa mousse qu'il vient de laisser tomber en essayant de séparer les deux frères procéduriers qui ont décidé d'en venir aux mains (après tout, ils sont à poil). L'agent secret fou de rage tente d'utiliser hic et nunc son permis de tuer ; l'épicier arabe pour le narguer fait l'avion : "Vroum ! Vroum ! Je suis le roi des cieux !" Cain le saisit par la queue. Abel se retourne violemment en deux tours trois mouvements : Mawashi Geri dans ta gueule brother ! L'autre saigne, il voit rouge. Joseph McCarthy intervient sur le champ : "Il faut tout arrêter et tout le monde ! Qu'on appelle la police !" Fox News braque ses projecteurs, suivent les autres chaînes. Le sénateur accuse : "No one is innocent !"
3,3. Là dans la nudité, tous connaissent le prix à payer. Alors Maman descend avec son gâteau et découpe la galette, c'est la distribution des parts. Les convives se calment subitement, même les deux frères. Chacun se tape la queue, à la file indienne, pour savoir qui déterrera la hache de guerre - dans quelle sépulture ? Le parc devient silencieux, les respirations retenues. Les corps continuent à transpirer mais il n'y a plus les mots. Quelque chose est en train de revenir, quelque chose est en train de devenir. Adam est devant Eve, il sent son souffle sur sa nuque. Adam sait qu'il devra se retourner, le moment venu. Eve aussi. Le moment, venu. (Fade out).
TO BE CONTINUED
( Cardiologie, Docteur Werther et Bel Air Hospital :
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mercredi 22 juin 2005
Par nono le hool's,
à 19:04 :: TRICK
CHAPITRE DEUXIEME
Orgueil et barbarie - Lucifer in the Sky with Diamonds
2,1. Du monde il y en a au jardin d'Eden, NYC : les sunlights et les flashs. L'évènement se doit d'être couvert par ce froid de l'illustre et juin n'y peut rien. Dan Rather si, c'est même lui qui passe les plats. Plats de côte et coteaux californiens, seconds couteaux et côtes de popularité. Le carton de l'année pour les paparazzi, papa ravi a réussi son coup : il est heureux le vieux Hank à vomir son mauvais whisky au tempo de la station classique. Il sait déjà qu'il en fera une poésie pour la Beat Generation, avant de ne pas faire d'enfant à une pute de la Cinquième Avenue. Mais chut, maman est là !
2,2. Maman est en haut qui fait des gateaux - elle a toujours été dominatrice, la vieille salope, à venir demander la gueule trop enfarinée pourquoi la bite qu'elle vient de croquer ne trique pas. Mais papa s'en branle, il est en bas qui se marre avec son chocolat : il fabrique un drôle de petit bonhomme, le fruit de ses entrailles, cacao et sucre glace. Michael Jackson entame un Moon Walk éclairé avant de s'écrouler sur le dance floor. Papa Hank affolé se précipite auprès de lui : bande-t-il encore ? Par le bouche-à-bouche du pompier de service le roi de la pop revient à lui, par le bouche à oreille la foule accourue aux nouvelles se rassure d'enfants émerveillés - the show must go on !
2,3. Décrochant à son tour le téléphone arabe
Candy says I’d like to know completely what others so discretely talk about. Au bout du fil Saddam Hussein lui répond que c'est pas ses oignons et qu'avec les côtelettes d'agneau le ketchup Heinz est bien meilleur. Parce qu'après tout, c'est bien un barbecue, les voisins qui fraternisent. Qui s'intéresse à ce qui se passe en cuisine, ou dans le placard hier soir, aux raisons des larmes de papa ? Tout ça sera pour la gueule de bois des journaux du dimanche, maintenant il est la nuit sous l'éclairage électrique. Le vin d'honneur, la Budweiser. Adam arrache à Eve son Super Bowl XXL pour l'oeil de la caméra bandante : cueillez le jour, l'intendance est assurée, with Paul Shaffer and the CBS Orchestra ! (Applause track and recorded laugh).
TO BE CONTINUED
(Microsoft Longhorn, Washington Redskins et des barbelés sur la prairie :
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mardi 21 juin 2005
Par nono le hool's,
à 20:14 :: TRICK
CHAPITRE PREMIER
Bereshit bara Elohim - It's only words
1,1. Le taxi stoppe poliment devant la grille ouverte du jardin d'Eden, NYC. Le conducteur payé s'en ira attendre ailleurs les prochaines pluies purificatrices : il reste les églises, le cinéma porno, le temps à tuer à ne pas se demander si Iris a réussi son épreuve du Bac.
C'est dur d'être un héros chante l'autoradio. Il relira Elisée Reclus sur les experiences de démocratie directe.
1,2. Ses passagers s'engouffrent dans le parc, les nudistes y fêtent en musique le solstice d'été. Et peut-être des sacrifices de vierges, ça dépendra de la météo. On a annoncé de l'orage dans les médias, mais Adam et Eve ne les écoutent jamais : ils n'ont pas encore été créés, la fin n'a pour le moment rien à justifier. Ils sont innocents, les enfants d'avant la cybernétique, quand sa nécessité ne se fait pas encore sentir. Quand le corps ne se sait debout et mésestime un souffle au coeur. Ils sont homme et femme, abstraits.
1,3. Un très beau couple que ceux-là, à coup sûr les cover stars du prochain V Life. Parce qu'il y en a de quoi publier un grand reportage photo sinon un livre best seller de ce festin cul nu, de ce barbecue naturiste. Hollywood nous a gâté : un zoophile ivre mort baigne dans sa pisse sous un arbre, reniflé par quelques chiens mouillés, une colombe vient lui chier sur la tronche ; un syndicaliste de la Nouvelle Vague poétise en arabesques sur ses plaies on the rocks, un veau dort sur ses Birkenstock ; un agent de la CIA menace de procès pour concurrence déloyale son frère taliban chez Kmart , un agneau gobe leurs salades... Et encore, et d'autres : send me the next issue of V Life - if I like that issue, I'll get 10 more, a total of 11, and pay just $17.95 !
TO BE CONTINUED
(Cochon sur le grill, NYPD et émeutes raciales :
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lundi 20 juin 2005
Par nono le hool's,
à 18:32 :: TRICK
Il en a encore beaucoup à raconter le petit monsieur ? Et c'est quand qu'il va prendre sa baguette et payer ? Et se casser ! Mais il reste là, à tripoter les pains, des miches à manger, la croûte à gratter, la mie d'un autre. On n'est pas au musée ici, encore moins chez le gynéco, il faut acheter ! Il faut débourser ! Tout ici est fait pour avaler, pas pour contempler : les yeux ne sont là que pour guider les dents. Pour remplir le dedans - mais pas complètement, on doit revenir demain. Et recommencer, c'est la vie.
Mais le petit monsieur, il n'a encore rien décidé ! Il reste planté à bavasser, à discuter le bout de gras avec les croissants au jambon, à prendre les brioches pour les viennoiseries du bon docteur Freud. Et vas-y que je te refais la traversée en solitaire du Pont Neuf en vélo sans selle, et vas-y que je te rejoue la grande scène du cinq-à-sept qui a été un peu avancée cette fois-ci pour des raisons scolaires, et vas-y que je te prends des postures d'imposteur de la littérature posteur de billets pour blogs et jeunes filles (facteur !), et vas-y que je te déballe mon fameux numéro du cabaret du petit oiseau pour japonais et appareils photo (in A minor), et vas-y ! Et vas-y ! Vas-y, bordel ! Prends-la ta baguette !
Mais non, le petit monsieur est têtu. Il préfère tirer des plans sur la comète que d'aller marcher sur la Lune. Ou mieux, pas besoin de fusée : juste prendre son bâtard à la main, celui bien roulé par sa mère la pute (il faut bien nourrir sinon la patrie au moins la famille), et retourner dans le trou d'où il est sorti - ça ne sera que 76 centimes ! Pourquoi encore hésiter ? Le beau voyage, heureux comme Ulysse, Nono le petit robot, l'ami d'Hercule, celui qui recule. Comment veut-il ? Pourquoi ne peut-il ? Merde !
Le petit monsieur se réveille enfin : il s'est rêvé grand homme. Alors il sera musicien et compositeur, pas chef d'orchestre. Il laisse sa baguette à la boulangère, le bec enfariné.
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dimanche 19 juin 2005
Par nono le hool's,
à 16:46 :: TRICK
(Dimanche matin, après de nombreuses feuilles griffonnées, à la va-vite, à la nuit, et au sommeil épisodique. Voix off, avertissement.)
Je ne voulais écrire hier, même si toi, lecteur, tu bandais ; nous avons le désir difficile. J'ai préféré me vautrer devant la télé, errer de chaînes en chaînes, pour ne rien trouver ; mais ça n'a jamais empêché quiconque de continuer. J'ai reçu, j'ai avalé, des émissions compilations, un peu connes, un peu rien, de Arthur à Arte. C'est une fin de saison, histoire de revoir les meilleurs morceaux de l'année, sélectionnés. Alors, à moi aussi de m'y coller, de m'y engluer. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas le choix.
(Les lumières s'éteignent, le rideau se lève.)
Lecteur, tu voulais baiser : ce n'est pas le moment de baisser ton froc. Ici on regarde, on ne touche pas ; le patron du peep-show c'est moi, et la vedette aussi. Je suis la reine des allumeuses. Pose ton cul, ferme ta gueule, et applaudis l'artiste.
(Entrée en piste de l'effeuilleuse, elle porte un slip brésilien, une ceinture de bananes et un plateau de viande - du boeuf.)
La mémoire est un fleuve, noir, et gris aussi le jour. Il faut bien l'habiller de rives, avec des arbres et des terres, des ports et des maisons, des barques d'amoureux et des noyés ; ça nécessite de la poésie, de la politesse et de la fesse. Je patauge dans la littérature : il y aura donc de tout ça, et un air de jazz. Un septembre de l'avant.
Et un octobre, fendu en son milieu, comme une femme offerte. Putain.
(La danseuse vacille un peu, une rumeur inquiète monte du public.)
Les cuisses écartées, le sexe béant et les dents souriantes, il était temps de consommer le dit, d'enfanter l'étant. L'accouchement du fils du Malin, et de la Maline - après le cérémonial festin et les sacrifices de vierges vient l'addition. Et deux cafés, garçon ! La tasse. Noire, et grise aussi le jour.
Fini le plaisir, maintenant le jouir.
(L'artiste traverse la scène en quelques pointes et ronds de jambes, pour finir à quatre pattes. Elle aboie.)
Lecteur, il est midi passé, la messe est terminée : assez rabâché ce que déjà tu sais. Au plus profond de toi, dans tes yeux - je le vois. Ce ne sont là que bavardages et lieux communs. Après la pluie vient le beau temps, et le pourrissement au soleil. Et la cruche qui tant va à l'eau, et les pierres qui roulent, et...
(De la salle s'échappe un cri : - Et ta mère ?)
Ma mère qui bat le beurre de mon père pour le repas dominical (il est l'heure) : le poulet rôti. Le dindon de la farce, qui se rêve albatros. Alors rêvons : à table !
(D'on ne sait où se diffuse un fumet faisandé.)
Mange, lecteur, régale-toi, ce n'est que pour toi, toi qui voulais baiser. Voici de la viande, dorée. Excuse-moi de ne pas t'accompagner : je t'ai causé politesse, je ne parlerai pas la bouche pleine. Te voilà étonné de découvrir en moi une parole ? Profitons-en : extrapolons les grâces !
(La strip-teaseuse se signe, et lâche un pet.)
Comme les copains, lecteur, tu as si faim, le biologique pressant : remercions le Seigneur pour le spectacle, et le roi pour le plat de résistance que voilà. Prends du vin aussi, le sang du Fils, il n'y en a que trop, et que trop besoin.
(Le couteau découpe.)
Le sang du Fils, le fleuve, noir, et gris aussi le jour. Mais c'était le soir.
En janvier, une histoire qui vieillissait sur la promenade du Pont Neuf. Et quelque chose qui s'est arrêté. Le manteau sombre et le regard vide, je fuyais ma maison où s'entassaient les cadavres encore remuants. Je ne voulais qu'abandonner l'épouvante et la panique, mes enfants mort-nés : la vie. Simplement. Je suivais les lumières électriques, je savais où. Enfin.
(Un spectateur rote.)
Longtemps déjà que j'imaginais cette issue comme la seule, il me fallait être conséquent, et aussi comme heureux : il y avait une issue. Je ne crois pas avoir souri, et peut-être que si. Je me souviens de l'eau, couleur du temps. Je sentais l'hiver comme une éternité. En paix.
La continuité pesait tant, la malédiction : je devais me taire.
(On ressort et ressert les apéritifs, le trou localisé : normand. Mise en abîme, perspective.)
Car le vide est profond, et rien d'autre n'a de relief, depuis long. Toujours ?
Combien de fois suis-je revenu à la vie par la mort. Combien de fois ai-je fini un ailleurs par cette ponctuation. Combien de fois ensuite ai-je menti. Seuls les espoirs ont crevé, les uns après les autres, comme si chacun attendait son tour pour, patiemment. Le billet pour le manège, croyant effrontément attraper le pompon son moment venu. Tout tourne oui, mais à la gerbe. Et étrangement ne reste qu'un soulagement. Passager.
La vie n'est pas un spectacle, mais qu'une répétition. Infinie. Pour de faux. Un semblant de représentation.
(Le pompier du théâtre, affolé : - The show must go on !)
Combien de fois. Combien de fois. Sans cesse le même scénario, la même pièce. De second choix, unique. A l'envi, en veux-tu en voilà. La même scène toujours rejouée, avec pourtant l'étrange impression de m'être trompé de film ; mais qu'il était trop tard pour en changer, de toute façon. Et puis, à quoi bon ? J'étais la tête d'affiche, la star internationale, dans le rôle qu'on m'avait écrit, et pour lequel on allait m'applaudir. (Oui, toi aussi, lecteur.)
Et tant pis si je ne suis pas crédible : je donnerai tout. Et je donne tout, à chaque fois. Combien de fois.
(Les garçons de salle servent des salades.)
Combien de fois. La même scène. A l'épure cependant : coups après coups ne garder que l'essentiel. Le ciel. Celui par le haut des vitres de l'ambulance, couché, celui par la fenêtre de la chambre jaune, en équilibre, celui dans les yeux de la Garonne, reflété. L'image. Et aussi le vomi, ou la merde noire - laver la tête par l'estomac. Chier. Le ciel.
Les mouches sont les anges de nos espérances infirmières, les âmes heureuses.
(Le public s'émerveille : - Oh la belle bleue !)
Il n'y a plus d'hôpital, ni celui-ci, ni l'autre d'après. Il n'y aura bientôt plus de rédemption. Alors. Et la scène (combien de fois), et le crime qui la justifie ?
Aujourd'hui la réponse a de nouveau laissé place à un simulacre de question. La cour de récréation, un espace de liberté. Peut-être le parc, et le désir du jardin botanique encore. La main sur le sexe, je m'en raconte des bobards. Jusqu'au bout, si dur. Jusqu'aux autres bouches d'en bas les ventres. Jusqu'au coeur. (Combien de fois.)
(Les noceurs en veulent pour leur argent : - Bis ! Bis !)
En janvier, une histoire qui vieillissait sur la promenade du Pont Neuf. Et quelque chose qui s'est arrêté. Une heure, ou deux, ou trois. Un soir. Quelque chose qui n'en finissait pas de recommencer. Où tout était enfin devenu immobile, dans le mouvement du fleuve, et par lui. Où tout semblait enfin devenu possible. Dans cet autre lit. Que s'est-il passé ?
Presque rien, certainement. Peut-être le souvenir de l'ami. Et le presque et le peut-être, même aussi peu, ont suffi. Il n'y avait plus rien. Plus plus rien. Alors est revenue la douleur, et loin déjà était l'instant de grâce. Retour dans la ville, le bruit des voitures, les éclats des bars. Et les lumières électriques qui m'avaient guidé là.
Dans l'eau, je n'y ai laissé que le regard. Vide.
(Des permissionnaires commandent des coupes Colonel.)
Je savais qu'il me faudrait encore donner, le vertige retrouvé après l'oeil du cyclone. Après la paix, après les possibles comblés. L'épouvante et la panique, mes enfants mort-nés : la vie. Les cadavres qui m'attendaient, la chatte détrempée.
Et j'ai donné. Mon dû, ma part. Encore. En corps. De mes veines, de ma déveine. Les bras nus. Ouverts. Rouge. la passion. Noir. Le sang du Fils.
Je m'en suis retourné à la littérature, à la lame, au couteau. J'ai signifié, je me suis réinscrit dans la représentation. La poésie, sous la peau, dans la chair. Au plus profond.
Dans l'intime vérité, l'ultime recours du langage, dans la viande découpée, je t'ai parlé. Lecteur. Moi, écrit. Et gris aussi le jour.
(La critique est sans pitié : - Tout ceci n'a ni queue ni tête !)
Il fallait couper court, en voici le résultat.
Et puis te voilà fort aise de railleries, lecteur, maintenant que tu es repu. Comme si le mécanisme digestif pouvait aussi t'absoudre : tu ne manques pas d'air ! (Retiens-toi d'une pirouette gastrique, ce n'est pas un cirque ici !)
Qui voulait baiser, déjà hier ? Qui n'a eu de cesse de me harceler ? Je ne connais que trop ton silence... Tu voulais baiser, lecteur, et regarde tes effets : ton pantalon souillé d'amour épuisé.
Pourtant tout est tellement beau avant. Si riche qu'en promesses.
Pauvres de nous !
(Le public se lève, quelque peu dépité, une femme lance un "Parle pour toi !" ; la danseuse tend son plateau de viande : - A votre bon coeur, Mesdames et Messieurs !)
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mercredi 15 juin 2005
Par nono le hool's,
à 18:03 :: TRICK
(Théâtre de Marionnettes)
Je regarde, en bas la dressée, et dis :
- Que me veux-tu mon sexe ?
- Une femme !
- Mais tu m'as déjà homme...
- Et ton cul, le vois-tu ?
- Quel langage !
- Tu me surveilles ? Qui l'eût cru !
- Reste poli mon chinois !
- Oh oui ! Oh oui ! Polis-moi ! Polis-moi !
- Tu es trop honnête, ça va te jouer des tours.
- Des tours de con, le doux manège !
- Tu n'as que ça en tête, ma parole !
- Une tête de gland, mon beau parleur !
- Toujours le dernier mot...
- La dernière goutte pour le slip, c'est moi !
- Et moi ?
- Tais-toi !
- Comment oses-tu ?
- et toi, comment n'oses-tu pas ?
- Ah si j'osais...
- Et bien ? Et bien ?
- Mais j'ai trop peur du mal...
- Pour te faire du bien !
- ... que ta mort me ferait.
- Que ma vie te donne !
- Il est temps de couper court...
- Coupons ! Coupons ! Petit Patapon !
- ... avant qu'il ne soit trop tard.
- Comme d'habitude...
- Quelle obsession !
- Bourreau des coeurs !
- Perceur de culs !
- Tords-moi le cou !
- Bonjour chez vous...
- Bonjour ! Bonjour !
(Cri des enfants - Guignol ! Guignol !)
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mercredi 8 juin 2005
Par nono le hool's,
à 18:21 :: TRICK
François Weyergans me tombe des mains, mes yeux glissent en sommeil. De la littérature au Réel : le rêve (extrait).
Casper The Friendly Ghost
De ce vieux manoir hanté, je m'échappe par la nuit avec mon vieil ami du dessin animé. La diligence motorisée aura du mal à démarrer, nous le savons. Mais imaginer la manoeuvre suffit à la rendre effective et déjà, nous sommes dans le jour du dehors. En fuite.
Speeding Motorcycle
La pente est acérée, les virages si serrés, trop. A tombeau ouvert nous sauvons notre peau, moi et mon vieil ami du dessin animé. Le jeu est impossible et pourtant : nous fonçons à une vitesse incontrôlée en même temps que nous restons figés dans l'immobilité. La terreur et l'angoisse. Le vertige, infini. Le mouvement et la couleur.
Et d'autres détails, bien plus importants.
Retour à la littérature, à l'existence, au milieu de l'après-midi, à mon sexe à demi bandant dessous le 501 - sur le canapé. Le téléphone sonne, trop tard. Une clope et je me réveille un peu : j'écris ce billet. Un café et je me réveille entier. Je m'arrange des exigences biologiques, je suis une possibilité.
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