nono le hools = littérature punk rock + poésie punk rock
mardi 19 juillet 2005

Narcisse '05

Le verre est vide, la cigarette éteinte
lundi 18 juillet 2005

I Am A Cliché

Putain de chaleur de temps de merde (et je viens de me brûler les doigts avec une fin de cigarette). L'air est lourd et humide, comme l'air de rien d'un sexe de femme : ça me hérisse le poil et fait onduler mes cheveux, surtout derrière après la douche. Un phénomène de condensation peut-être ; je n'en sais rien, je n'ai pas appris la chimie ni la météorologie. C'est Freud que j'ai étudié, c'est dire si je connais l'enjeu du désordre capillaire, si je connais le drame qui s'y trame, l'horreur en retour, une question de vie ou de mort. C'est dire si je connais la biologie alors.
Le désespoir point sous la mèche rebelle, le transport explosif sous la passion bien coiffée. Le raté me rappelle qu'on ne sauve sa peau qu'en sauvant les apparences ; qu'on ne panse les plaies de l'âme qu'en soignant l'image. La rédemption est dans l'aliénation : la représentation. Le mal est le remède, et inversement - deale-moi du pharmakon, écris-moi une chanson ou fais-moi un enfant. Et je n'ai pas assez de pognon ce mois-ci encore pour une paire de Clarks.
Il me reste la littérature, le beau bavardage, et le retour prochain dans le chaos électrique de la scène. Il me reste les peintures de guerre et les masques funéraires. Il me reste les angoisses blanches de minuit et la danse de la pluie. Il me reste la fabrique du meurtre et les souvenirs désincarnés, il me reste le sacrifice signifié. Que quelque chose à côté, par défaut : c'est si facile d'être un héros.
Il ne me reste rien, et c'est ce qu'il faut pour recouvrir la merde et sa machine quand on ne peut s'assumer dans l'animal que l'on n'a jamais été, dans la reconnaissance inconditionnelle de l'oeil de la meute. Ce n'est que l'inaptitude au mensonge qui oblige à l'infini de l'invention, l'incapacité à vivre qui enjoint la définition dans sa radicalité ; le dandysme comme un rire élégant, une condamnation à la politesse, la seule issue qui demeure quand la condition humaine apparaît dans sa vérité nue - la forme. La réalité est image absolue, le vice vertu, le détail tout, le défaut ruine : le futile est l'ultime gravité.
Ce lundi le ciel est devenu gris, la température s'est adoucie, le service clients de Jean-Claude Aubry m'a envoyé une réduction de 50% pour mon anniversaire. On attend l'averse.

Hey Hey, My My

Hey hey, my my
Rock and roll can never die
There's more to the picture
Than meets the eye

[NEIL YOUNG, "Hey Hey, My My (Out of The Blue)"]
samedi 16 juillet 2005

Ex Nihilo Ex-Voto

Sainte Rita, mon amour, entends couler ma voix,
Sombrer une prière d'un hier sans demain,
Se noyer les espoirs dans le creux de ma main,
Et la larme tirée par l'effroi de l'émoi.

Maîtresse de tout en bas, la correction se doit
Quand retombe le chaud et se rouvre le poing
De faire le signe croix, la résignation fin :
Le bégaiement destin s'écrit du bout des doigts.

Sainte Rita, mon amour, ne m'en veux pas encore
Si ma passion te dure dans la chair de mon corps,
Si le devoir se traîne à en finir Madame.

Regarde le bel enfant ; que n'est-il pas mignon,
Touchant, attendrissant dans l'irréel de l'âme ?
L'idiot masturbateur agitant ses moignons.
jeudi 14 juillet 2005

A Une Passante

A se demander ce qu'il en est du bonheur et de quoi il en retourne, le temps se prend comme le mal que l'on se donne. Alors on se retrouve tel un rien, sans doute dans la vérité. Simplement. Ce rien dont je ne cesse d'expliquer, à toi qui me lis, comment on en construit sa vie. Comment aussi on n'en finit pas de finir. Ce rien du dernier moment qui fait rater jusqu'au suicide, qui m'avale avant de me recracher, et puis me rattrape. Toujours. Comme les femmes.
Tu es peut-être l'une d'entre elles, toi qui me lis. Un oeil d'en bas au sourire carnivore. Si c'est le cas, tu sais déjà que ma viande t'appartient et qu'elle porte la marque de la morsure - c'est la pomme qui croque le serpent, la vieille histoire toute emmêlée. Ma viande qui s'étale dans la pornographie assumée, dans la littérature. Des choses mortes, pour ton ventre grouillant.
Le meurtre que pour te plaire, s'il te plaît ; et s'il existe, ce n'est que de ton fait. Il n'y aurait de mon langage sans la caresse de ton regard, mes mots se perdraient comme aujourd'hui mon corps échoué dans la moiteur de cet appartement de juillet. Même que représenté, tu me fais demeurer, encore un peu ; alors je t'en prie de rester, encore un peu. Et tant pis si tu finiras par partir, il ne peut en être autrement malgré les promesses tenues ou non - seule la nature de l'excuse en sera affectée.
Pour le moment, laisse tes mains, tes reins, tes seins dans le creux de ma phrase ; plonge-toi dans la découpe du monde et ensevelis-nous sous les poussières du genre. Agrippe-toi à moi et à ça, écoute ma voix s'effondrer : mouille nos lèvres. Sens au plus profond des muqueuses combien tu rends la chute délicieuse. Mon âme est en faillite qui te remplit et te vide - décharge-moi. Fais mentir la lourdeur de la biologie par le carrousel signifié. Viens mourir avec moi, empalée sur le sexe de mon verbe bandé. Viens mourir avec moi, viens maintenant.
Mais pour de faux, une nouvelle fois répétée. Personne n'est dupe mais on aime à y croire : ce n'est que du blabla, une historiette de plus pour que s'endorment les enfants, paisiblement. Tu ne seras plus là demain matin quand vendredi se réveillera, bien que j'aurai mal. Et tant besoin de toi. Alors dans le secours de l'instant, dans ce début de soir, je me laisse aller à la confidence comme une autolyse, une conjuration comme une condamnation : toi qui me lis, femme, je t'aime.
mercredi 13 juillet 2005

Love Letter

Le vin dans le verre, rouge.
A l'encre :
My darling, sweetie,
One day I killed the pussy
But I can't remember for forgiveness.
XXX - With much love, nevertheless.

Et un coeur dessiné.
mardi 12 juillet 2005

Sens Uniques

Dans le silence des factures téléphoniques, survivent en échos tes yeux. Ta voix qui résonne souvent encore dans le noir, follement comme un amour qui s'est tu. Toi, l'irraison de ma passion. Ma passion plus ancienne que ton corps mort avant la crucifixion, les stigmates pourtant. Il n'y aura pas de morale.
Mes doigts caressent les mots sur le clavier multimédia, les cadavres s'éclairent. La poésie est électronique. J'arrête sans mandat les souvenirs qui ne seront pas, j'épingle les insectes du dedans et puis ceux d'en bas. Des femmes viendront toujours justifier mes bras, le reste aussi, la littérature surtout.
Je défile dans mon corbillard d'apparat quand vient le soir sans matin. La lumière électrique découvre le monde blotti dans sa finitude et sa suffisance. Les choses ont une place et tiennent à le préciser, aux hommes de s'en faire une raison. Avant de partir, enfin, il est d'usage de s'expliquer ; la cour est impitoyablement formaliste.
Je respecterai le règlement, et je paierai comptant mon tribut à l'espèce trébuchante. La pesanteur terrestre a des motifs scientifiques, malgré la bandaison comme une protestation, un au-delà divin. La dernière goutte pour le slip, j'assumerai ma fonction. Je suis un débiteur.
Le poison coule à flots dans mes veines, dans le même prénom que le tien ; alors que rien ni personne ne s'appelle. On n'entend que les hurlements des âmes en peine, de nous n'étant que seulement passés. Il a été un rêve, avec un doux goût juteux d'entre les jambes, un potentiel artistique. Notre seul possible.
Je reste à besogner ton cul décomposé, lové dans ton charnier - le souffle de ton coeur chantant bien loin de moi maintenant. Mais je continue, désespérément, la bave aux lèvres. La rage épuisée prouvera l'existence, à la fin des touches AZERTY, j'appuierai sur Envoi. La lettre dans le néant. Nulle part. Moi, je reste qui suis là. Pour ça.
Les humanités cybernétiques circonscrivent le carnage : je ne suis tout que par ton rien.

Call Me

Emotions come I don't know why
Cover up love's alibi

[BLONDIE, "Call Me"]
dimanche 10 juillet 2005

Le Sang Dedans

L'ennui n'est que de l'amour gâché, des lames de fond l'écume séchée ;
Une croûte sur un bras de mer comme une île, un volcan raté.
samedi 9 juillet 2005

Trace

Le café et l'Amsterdamer : un doux parfum de pain d'épices recouvre le gris de la fin de matinée. J'ai tant dormi, hier dans la journée et la nuit jusqu'à presque midi. Sans doute fuir la pluie de jeudi, les SOS lancés dans son eau. J'ai l'excuse facile et l'esquive tristement banale ; j'ai surtout la douleur en condition. Sine qua non. Comme les copains, cependant. Comme les autres et comme personne pourtant. Les autres et personne. Moi, je fais le poète mais on ne me voit pas à la télé, ni nulle part ailleurs. Peut-être quand il est tard, au détour d'un souvenir embarrassé, dans le fond de l'oeil d'une demoiselle depuis long envolée - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.
Rouge, et du noir sur du blanc. La blessure et de vieilles photos passées. Je ne m'abîmerai pas dans les reflets des néons au fond des verres payés, le week-end sera à s'enfermer dans les cases de la bande dessinée. Quelque chose que je dois rendre ; les tripes doivent se vider pour la mi-juillet. Je tracerai une fois de plus les traits du carnet de la déroute, les contours du chemin nocturne. J'éclairerai de son ombre le naufrage, un tatouage permanent sur peau de balle. Le beau navire dans la tempête, la belle image. Une énième carte au trésor, encore une mascarade : la seule aventure est la tête de mort sur les drapeaux des pirates. Alors les électrons s'échoueront en ma représentation et Illustrator CS prouvera mon existence par l'épitaphe, avant que je n'aille m'encrer dans le papier journal - une échappée dans d'autres vies, lointaines. Quelquefois un regret. Une marque.