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mercredi 20 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 20:52 :: TRICK
- "Approchez ! Approchez, Mesdames et Messieurs ! Venez admirer ce que vous ne verrez nulle part ailleurs (*) ! Venez decouvrir ce que la nature peut engendrer de plus noir, de plus terrifiant, de plus extraordinaire, de plus fascinant ! Venez Mesdames et Messieurs plonger dans les abîmes de l'âme et du corps, dans les sombres profondeurs de l'être ! Venez vous frotter aux limites insoupçonnées de l'humanité ! Venez presque toucher ce que vous ne pourriez jamais imaginer ! Approchez Mesdames et Messieurs ! Approchez ! Cela ne vous en coûtera que 2 dollars américains !"
Mesdames et Messieurs se pressent de payer leurs tickets et s'engouffrent dans le petit chapiteau. L'espace réduit oblige à n'être qu'une douzaine, mais cela permettra aussi d'être au plus près de la scène quand apparaîtra le treizième promis. L'attraction est vivement attendue, l'impatience est déjà à son comble. Alors la souffreteuse lumière des ampoules électriques laisse place à l'infini rien de la nuit, la condition nécessaire. Et la musique d'un synthétiseur bon marché, mais wagnérienne. La voix enregistrée de Monsieur Loyal résonne sous la tenture obscure : invocations scientifiques et démonstrations mystiques composent la salade du gitan de Macédoine. Et l'assemblée immobile marche ; l'atmosphère est créée, le moment est propice. Un court silence.
Soudain une explosion de bruits et de fureur : les éclairs et les cris. Chacun, Madame, Monsieur, répond au subit chaos, en écho, en bruits et en fureur. Ca fait des Ah ! Ca fait des Oh ! Ca fait des Quelle horreur ! Ca fait des Mon Dieu ! Ca gesticule beaucoup, les regards toujours ailleurs - à peine le phénomène était-il entré en piste qu'ils avaient déjà tous fui. L'oeil derrière la main, ou la tête tournée, Mesdames et Messieurs survivent en terreur imaginée aux longues secondes de la représentation. Et ça parle, encore et encore, que les mots voilent un peu plus les faces ; ça dit n'importe quoi, surtout. Ca chie dans les frocs.
Les projecteurs s'éteignent, les quelques 60 W à douille se rallument, la bande son et les spectateurs se taisent, l'entrée de la tente qui fait aussi office de sortie de secours et de sortie tout court s'ouvre à nouveau. Mesdames et Messieurs s'en retournent au doux vacarme de la vie dehors, dans la fête foraine, rassurés de ce qu'ils auraient pu voir, effrayés de ce qu'ils n'ont pas vu. Le monstre que l'on montre mais que l'on ne regarde pas.
________
(*) Il s'agit là bien évidemment d'un fieffé mensonge.
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lundi 18 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 20:19 :: TRASH
Putain de chaleur de temps de merde (et je viens de me brûler les doigts avec une fin de cigarette). L'air est lourd et humide, comme l'air de rien d'un sexe de femme : ça me hérisse le poil et fait onduler mes cheveux, surtout derrière après la douche. Un phénomène de condensation peut-être ; je n'en sais rien, je n'ai pas appris la chimie ni la météorologie. C'est Freud que j'ai étudié, c'est dire si je connais l'enjeu du désordre capillaire, si je connais le drame qui s'y trame, l'horreur en retour, une question de vie ou de mort. C'est dire si je connais la biologie alors.
Le désespoir point sous la mèche rebelle, le transport explosif sous la passion bien coiffée. Le raté me rappelle qu'on ne sauve sa peau qu'en sauvant les apparences ; qu'on ne panse les plaies de l'âme qu'en soignant l'image. La rédemption est dans l'aliénation : la représentation. Le mal est le remède, et inversement - deale-moi du pharmakon, écris-moi une chanson ou fais-moi un enfant. Et je n'ai pas assez de pognon ce mois-ci encore pour une paire de Clarks.
Il me reste la littérature, le beau bavardage, et le retour prochain dans le chaos électrique de la scène. Il me reste les peintures de guerre et les masques funéraires. Il me reste les angoisses blanches de minuit et la danse de la pluie. Il me reste la fabrique du meurtre et les souvenirs désincarnés, il me reste le sacrifice signifié. Que quelque chose à côté, par défaut : c'est si facile d'être un héros.
Il ne me reste rien, et c'est ce qu'il faut pour recouvrir la merde et sa machine quand on ne peut s'assumer dans l'animal que l'on n'a jamais été, dans la reconnaissance inconditionnelle de l'oeil de la meute. Ce n'est que l'inaptitude au mensonge qui oblige à l'infini de l'invention, l'incapacité à vivre qui enjoint la définition dans sa radicalité ; le dandysme comme un rire élégant, une condamnation à la politesse, la seule issue qui demeure quand la condition humaine apparaît dans sa vérité nue - la forme. La réalité est image absolue, le vice vertu, le détail tout, le défaut ruine : le futile est l'ultime gravité.
Ce lundi le ciel est devenu gris, la température s'est adoucie, le service clients de Jean-Claude Aubry m'a envoyé une réduction de 50% pour mon anniversaire. On attend l'averse.
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Par nono le hool's,
à 19:18 :: TRACK
Hey hey, my my
Rock and roll can never die
There's more to the picture
Than meets the eye
[NEIL YOUNG, "Hey Hey, My My (Out of The Blue)"]
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samedi 16 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 14:42 :: TRASH
Sainte Rita, mon amour, entends couler ma voix,
Sombrer une prière d'un hier sans demain,
Se noyer les espoirs dans le creux de ma main,
Et la larme tirée par l'effroi de l'émoi.
Maîtresse de tout en bas, la correction se doit
Quand retombe le chaud et se rouvre le poing
De faire le signe croix, la résignation fin :
Le bégaiement destin s'écrit du bout des doigts.
Sainte Rita, mon amour, ne m'en veux pas encore
Si ma passion te dure dans la chair de mon corps,
Si le devoir se traîne à en finir Madame.
Regarde le bel enfant ; que n'est-il pas mignon,
Touchant, attendrissant dans l'irréel de l'âme ?
L'idiot masturbateur agitant ses moignons.
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jeudi 14 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 21:21 :: FLESH
A se demander ce qu'il en est du bonheur et de quoi il en retourne, le temps se prend comme le mal que l'on se donne. Alors on se retrouve tel un rien, sans doute dans la vérité. Simplement. Ce rien dont je ne cesse d'expliquer, à toi qui me lis, comment on en construit sa vie. Comment aussi on n'en finit pas de finir. Ce rien du dernier moment qui fait rater jusqu'au suicide, qui m'avale avant de me recracher, et puis me rattrape. Toujours. Comme les femmes.
Tu es peut-être l'une d'entre elles, toi qui me lis. Un oeil d'en bas au sourire carnivore. Si c'est le cas, tu sais déjà que ma viande t'appartient et qu'elle porte la marque de la morsure - c'est la pomme qui croque le serpent, la vieille histoire toute emmêlée. Ma viande qui s'étale dans la pornographie assumée, dans la littérature. Des choses mortes, pour ton ventre grouillant.
Le meurtre que pour te plaire, s'il te plaît ; et s'il existe, ce n'est que de ton fait. Il n'y aurait de mon langage sans la caresse de ton regard, mes mots se perdraient comme aujourd'hui mon corps échoué dans la moiteur de cet appartement de juillet. Même que représenté, tu me fais demeurer, encore un peu ; alors je t'en prie de rester, encore un peu. Et tant pis si tu finiras par partir, il ne peut en être autrement malgré les promesses tenues ou non - seule la nature de l'excuse en sera affectée.
Pour le moment, laisse tes mains, tes reins, tes seins dans le creux de ma phrase ; plonge-toi dans la découpe du monde et ensevelis-nous sous les poussières du genre. Agrippe-toi à moi et à ça, écoute ma voix s'effondrer : mouille nos lèvres. Sens au plus profond des muqueuses combien tu rends la chute délicieuse. Mon âme est en faillite qui te remplit et te vide - décharge-moi. Fais mentir la lourdeur de la biologie par le carrousel signifié. Viens mourir avec moi, empalée sur le sexe de mon verbe bandé. Viens mourir avec moi, viens maintenant.
Mais pour de faux, une nouvelle fois répétée. Personne n'est dupe mais on aime à y croire : ce n'est que du blabla, une historiette de plus pour que s'endorment les enfants, paisiblement. Tu ne seras plus là demain matin quand vendredi se réveillera, bien que j'aurai mal. Et tant besoin de toi. Alors dans le secours de l'instant, dans ce début de soir, je me laisse aller à la confidence comme une autolyse, une conjuration comme une condamnation : toi qui me lis, femme, je t'aime.
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mercredi 13 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 20:00 :: TRASH
Le vin dans le verre, rouge.
A l'encre :
My darling, sweetie,
One day I killed the pussy
But I can't remember for forgiveness.
XXX - With much love, nevertheless.
Et un coeur dessiné.
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mardi 12 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 19:19 :: CRASH
Dans le silence des factures téléphoniques, survivent en échos tes yeux. Ta voix qui résonne souvent encore dans le noir, follement comme un amour qui s'est tu. Toi, l'irraison de ma passion. Ma passion plus ancienne que ton corps mort avant la crucifixion, les stigmates pourtant. Il n'y aura pas de morale.
Mes doigts caressent les mots sur le clavier multimédia, les cadavres s'éclairent. La poésie est électronique. J'arrête sans mandat les souvenirs qui ne seront pas, j'épingle les insectes du dedans et puis ceux d'en bas. Des femmes viendront toujours justifier mes bras, le reste aussi, la littérature surtout.
Je défile dans mon corbillard d'apparat quand vient le soir sans matin. La lumière électrique découvre le monde blotti dans sa finitude et sa suffisance. Les choses ont une place et tiennent à le préciser, aux hommes de s'en faire une raison. Avant de partir, enfin, il est d'usage de s'expliquer ; la cour est impitoyablement formaliste.
Je respecterai le règlement, et je paierai comptant mon tribut à l'espèce trébuchante. La pesanteur terrestre a des motifs scientifiques, malgré la bandaison comme une protestation, un au-delà divin. La dernière goutte pour le slip, j'assumerai ma fonction. Je suis un débiteur.
Le poison coule à flots dans mes veines, dans le même prénom que le tien ; alors que rien ni personne ne s'appelle. On n'entend que les hurlements des âmes en peine, de nous n'étant que seulement passés. Il a été un rêve, avec un doux goût juteux d'entre les jambes, un potentiel artistique. Notre seul possible.
Je reste à besogner ton cul décomposé, lové dans ton charnier - le souffle de ton coeur chantant bien loin de moi maintenant. Mais je continue, désespérément, la bave aux lèvres. La rage épuisée prouvera l'existence, à la fin des touches AZERTY, j'appuierai sur Envoi. La lettre dans le néant. Nulle part. Moi, je reste qui suis là. Pour ça.
Les humanités cybernétiques circonscrivent le carnage : je ne suis tout que par ton rien.
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Par nono le hool's,
à 19:15 :: TRACK
Emotions come I don't know why
Cover up love's alibi
[BLONDIE, "Call Me"]
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dimanche 10 juillet 2005
Par nono le hool's,
à 20:07 :: TRASH
L'ennui n'est que de l'amour gâché, des lames de fond l'écume séchée ;
Une croûte sur un bras de mer comme une île, un volcan raté.
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