| LES
MOYENS DE LUTTE
Les travailleurs de Cronstadt poursuivaient des buts révolutionnaires
en luttant contre les tentatives réactionnaires de la bureaucratie
et en se servant de moyens propres et honnêtes. Par contre, la
bureaucratie diffamait odieusement leur mouvement, prétendant
qu'il était dirigé par le général Kozlovski.
En fait, ceux de Cronstadt voulaient honnêtement, en camarades,
discuter les questions litigieuses avec des représentants du
gouvernement. Leur initiative eut d'abord un caractère défensif
- c'est pour cette raison qu'ils n'occupèrent pas en temps voulu
Oranienbaum, sur la côte en face de Cronstadt.
Dès le début, les bureaucrates de Pétrograd employèrent
le système des otages en arrêtant les familles des marins,
soldats de l'armée rouge et ouvriers de Cronstadt qui habitaient
Pétrograd, parce que quelques commissaires de Cronstadt - dont
pas un seul ne fut fusillé - avaient été arrêtés.
La détention des otages fut portée à la connaissance
de Cronstadt par voie de tracts lancés par avion.
Dans sa réponse par radio, Cronstadt déclara le 7 mars
« qu'il ne voulait pas imiter Pétrograd car il estime
qu'un pareil acte, même effectué dans un accès de
haine désespérée, est le plus honteux et le plus
lâche d tous les points de vue. L'histoire n'a pas encore connu
de pareils procédés. » (Izvestia du Comité
Révolutionnaire de Cronstadt, 7 mars 1921). Le nouveau milieu
dirigeant comprenait, lui, beaucoup mieux que les « rebelles »
de Cronstadt la signification de la lutte sociale qui commençait,
la profondeur de l'antagonisme des classes qui le séparait des
travailleurs. C'est en cela que réside la tragédie de
toutes les révolutions dans la période de leur déclin.
Mais lorsque le conflit militaire fut imposé à Cronstadt,
celui-ci trouva encore en lui la force de formuler les mots d'ordre
de la « troisième révolution » qui demeurent
depuis lors le programme du socialisme russe de l'avenir (1).
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Notes
1. Un ouvrage d'ensemble sur Cronstadt, contenant des documents essentiels
sur ces journées historiques, vient d'être établi
par Ida Mett. Sa publication apporterait, à mon avis, une contribution
opportune à la discussion internationale qui se développe
actuellement.
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