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II y a des, raisons de penser qu'étant donné le rapport
des forces du prolétariat et de la bourgeoisie, du socialisme
et du capitalisme, qui existait en Russie et en Europe au début
de 1921, la lutte pour le développement socialiste de la révolution
russe était vouée à un échec. Dans ces conditions,
le programme socialiste des masses ne pouvait vaincre; il fallait s'attendre
au triomphe de l'a contre-révolution déclarée ou
camouflée sous l'aspect d'une dégénérescence
(comme cela s'est produit en fait).
Mais pareille conception des processus de la révolution russe
ne diminue nullement, dans le domaine de principe, l'importance historique
du programme et des efforts des masses travailleuses. Au contraire,
ce programme constitue le point de départ d'où commencera
le nouveau cycle du développement révolutionnaire et socialiste.
En effet, toute révolution nouvelle commence non sur la base
où débuta la précédente, mais en partant
du point où la révolution antérieure a subi un
enrayement mortel.
L'expérience de la dégénérescence de la
révolution russe pose de nouveau devant la conscience du socialisme
international un problème sociologique extrêmement important
: pourquoi dans la révolution russe, comme dans deux autres grandes
révolutions antérieures, celles d'Angleterre et de France,
est-ce de l'intérieur que la contre-révolution a triomphé
au moment où les forces révolutionnaires s'épuisaient,
et par le moyen du parti révolutionnaire lui-même («
épuré », il est vrai, de ses éléments
de gauche)?
Le marxisme estimait que la révolution socialiste, une fois commencée,
ou bien serait assurée d'un développement graduel et continu
menant au socialisme intégral, ou bien irait à une défaite
se réalisant sous la forme d'une restauration bourgeoise.
L'ensemble de la révolution russe pose d'une façon toute
nouvelle le problème du mécanisme de la révolution
socialiste. Cette question doit devenir primordiale dans la discussion
internationale. Dans cette discussion, le problème de Cronstadt
peut et doit avoir une place digne de lui.
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